Du patron de la BBC Alyssa Milano, le monde de la tlvision se retrouve au

Mipcom

PARIS (awp/afp) – De l’actrice Alyssa Milano aux patrons de la BBC ou d’Amazon Studios, les professionnels de la télévision se réunissent lundi à Cannes pour le Mipcom, le plus grand marché mondial de contenus audiovisuels, objets d’une concurrence toujours plus vive.

Plus de 10.000 participants issus de 96 pays sont attendus jusqu’à jeudi sur la Croisette pour la 38e édition, précédée samedi et dimanche du Mipjunior (programmes jeunesse), selon son organisateur RX France.

L’événement retrouve ainsi son format pré-Covid, après une édition en ligne en 2020 et une fréquentation de seulement 4.500 personnes en 2021, en l’absence notamment de nombreux participants asiatiques et américains.

Ces derniers reviennent en force. Cinq ans après avoir fait exploser le mouvement #Metoo sur Twitter, l’Américaine Alyssa Milano interviendra notamment lors d’un déjeuner promouvant la diversité dans le milieu, tandis que la dirigeante d’Amazon Studios, Jennifer Salke, recevra mardi un prix décerné par le magazine Variety.

Des Ukrainiens, pas de Russes

En revanche, les Russes seront absents du salon en raison de la guerre en Ukraine, pays quant à lui mis à l’honneur avec un pavillon dédié à ses représentants, comme en avril au Miptv, le pendant printanier du Mipcom.

Parmi les stars présentes sur la Côte d’Azur, l’actrice Emily Blunt foulera le tapis rouge dès dimanche soir pour une projection de la série “The English”, tandis que le mannequin britannique Cara Delevingne présentera mardi sa série documentaire “Planet Sex” sur les questions d’identité sexuelle et de genre.

Des patrons du petit écran interviendront également lors de conférences, à l’instar de Tim Davie, directeur général de la BBC, qui fête son centenaire, et Tom Fussell, le PDG de BBC Studios, ou encore de Marco Bassetti, PDG de Banijay, le numéro un mondial de la production indépendante de programmes audiovisuels.

“Toute l’industrie se retrouve à Cannes”, a insisté auprès de l’AFP Lucy Smith, la directrice du Mipcom, alors qu'”il n’y a jamais eu autant de demandes pour du contenu premium”, avec “de plus en plus de concurrence” sur un marché mondialisé et saturé avec l’explosion des plateformes.

L’occasion de s’interroger sur “les nouveaux moyens de diffusion”, comme le streaming gratuit financé par la publicité (avod et FAST channels), sur “les stratégies qui vont marcher”, sans pour autant pouvoir prédire l’origine du “prochain hit international”, après “La casa de papel” (Espagne) ou “Squid Game” (Corée du Sud), s’enthousiasme-t-elle.

Tendance “rétro”

Alors que Netflix a connu cette année sa première perte d’abonnés en dix ans, “l’ambiance a changé”, constate pour l’AFP Philippe Bailly, directeur-fondateur du cabinet NPA conseil.

Les groupes américains, qui investissaient sans compter dans les contenus, “sont en train de revenir à beaucoup plus de rationalité”, explique-t-il, citant les suppressions de postes à Netflix ou survenues dans le sillage de la fusion de WarnerMedia et Discovery.

Autre tendance observée par le spécialiste, “le mouvement de consolidation sans précédent” dans lequel est engagée la production audiovisuelle, illustrée par le récent rachat du producteur scandinave Anagram par le français Newen, et par celui, finalisé en 2020, du néerlandais Endemol Shine par le français Banijay.

Selon la dernière étude de NPA, les huit plus importants producteurs européens “totalisent aujourd’hui 400 labels et ont réalisé un chiffre d’affaires cumulé proche de 11 milliards d’euros en 2021”.

Côté séries et émissions, dans ce contexte où il est devenu “hyper dur, hyper cher d’émerger, de se faire remarquer”, la tendance est au “rétro et au connu”, avec un attrait pour les faits divers, les marques fortes et les formules déjà éprouvées, résume pour l’AFP Bertrand Villegas, de l’institut de veille The Wit, dont les conférences sont très attendues au Mipcom.

Plus généralement, “c’est l’enfer pour les téléspectateurs, il y a beaucoup trop de choix”, plaisante-t-il.

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