« Dieu voulait que j’écrive des films sur Lui ! »

Il y a quarante ans, Juan Manuel rentre du collège avec une certitude : comme le journaliste venu présenter son métier en classe, plus tard il racontera des histoires. Les années passent et il se lance dans la télévision, devient scénariste, puis un présentateur et un acteur de renom en Espagne. Un voyage en Roumanie le pousse à réaliser son premier film pour le cinéma : « Là-bas, j’ai rencontré des gens pauvres qui avaient tout à m’apprendre, surtout leur force dans la souffrance. Chaque histoire a son canal privilégié, et pour celle-là il fallait que j’écrive un long métrage, même si je ne l’avais jamais fait », raconte Juan Manuel avec un œil rieur.

« J’ai commencé à vivre avec Dieu »

Marié et père de trois filles, il va chercher ses histoires dans la vie quotidienne. « Ce sont elles qui me choisissent, et non le contraire. Les histoires sont là, dans  la rue, je dois simplement sortir et sans pouvoir l’expliquer, en quelque sorte je les rencontre. » Un narcotrafiquant devenu prêtre, une ancienne Miss Monde qui lui parle de sa foi, Tim Guénard… Ces personnes marquent son cheminement spirituel : la foi de ce catholique de tradition s’en trouve peu à peu bouleversée. « Imagine-toi que tu crois en l’existence d’Hawaï mais que tu n’y es jamais allé. Un jour, quelqu’un t’offre un billet d’avion pour cette île, alors tu ne crois plus seulement qu’Hawaï existe, tu y es ! Cela a été la même chose avec Dieu : j’ai commencé à vivre avec Lui. » Une idée germe alors dans la tête du réalisateur : « En trois mots : “Parle de moi.” J’étais incapable de me signer en public, et Dieu voulait que j’écrive des films sur Lui ! Il a été très insistant et, malgré mes réticences, j’ai dû rendre les armes. »

Il crée ainsi la société de production Infinito +1, et diffuse La Ultima Cima (Le Dernier Sommet), son premier film d’inspiration explicitement catholique. Raconter des histoires devient pour Juan Manuel comme une mission. « Pendant des années, mon service social a été de faire rire ou d’informer les gens. Aujourd’hui, je veux les aider, sans  renoncer pour autant à divertir ! Le succès n’est plus numérique, en fonction du nombre de téléspectateurs. Je choisis des sujets qui me font progresser personnellement, puis quand je m’aperçois que cela peut rendre service, je travaille pour les autres. »

La prière donne la première place au protagoniste de ses films. « Prier, c’est reconnaître que Dieu fait tout. Il n’est pas seulement spectateur, mais Lui-même acteur, scénariste et réalisateur. » Sa foi et sa mission, Juan Manuel les partage avec les quelque 3 000 ambassadeurs, presque tous bénévoles, qui diffusent ses films dans le monde entier. « Dieu m’a donné une armée de fous, qui sont ma famille spirituelle », témoigne-t-il. Sa dernière histoire ? Tengamos la fiesta en paz (1) (Ce ne sera pas notre dernier Noël), une comédie musicale familiale où des enfants veulent à tout prix empêcher le divorce de leurs parents. « Cela parle de l’amour familial qui n’est pas une utopie. Les enfants, eux, savent aimer et être aimés. Si on les écoutait un peu plus, beaucoup de choses iraient mieux ! »