Des robots pour éliminer les criminels bientôt à San Francisco ?

La police de San Francisco demande à utiliser des robots tueurs dans les situations où ses agents pourraient se trouver en danger de mort. Des robots de déminage et d’exploration seraient détournés pour porter des explosifs ou tirer des balles et tuer le ou les criminels.

Dallas, aux États-Unis, début juillet 2016. Un forcené fait cinq morts et sept blessés dans les rangs de la police. Il tue également deux civils. Il est encerclé par les forces de l’ordre depuis plusieurs heures. Après de longues négociations infructueuses et, à l’issue d’une série d’échange de coups de feu, la police déploie un robot chargé d’explosifs. L’engin, un robot Northrop Grumman Andros conçu pour les équipes de démineurs et l’armée, vient déposer la charge explosive à proximité du tireur. Déclenchée à distance, elle le tue.

C’est la première fois qu’un robot a été employé par la police pour éliminer un criminel. Depuis, l’utilisation d’un robot dans certaines situations est considérée comme raisonnable par les forces de l’ordre américaines pour protéger la vie des agents. C’est pourquoi du côté de San Francisco les policiers demandent actuellement au conseil de surveillance de la ville, l’autorisation de déployer des robots. Ils serviraient à neutraliser des suspects dans les cas où le risque de mort pour les civils ou les agents est considéré comme important. Le département de police de San Francisco (SFPD) a même rédigé ses propres principes d’emploi d’un robot tueur dans le cadre de sa demande annuelle de renforcement de ses équipements.

Une doctrine d’emploi trop floue

Dans un premier temps, l’administration de la ville a demandé au SFPD de revoir sa copie, car sa doctrine pouvait laisser la voie ouverte à une utilisation trop large des robots tueurs. Les autorités ont ensuite approuvé ce document, car il expliquait que leur déploiement serait limité aux seuls scénarios où ce serait la seule option envisageable. Pour le moment, la police locale dispose déjà d’une douzaine de robots télécommandés. Ils sont essentiellement utilisés pour les inspections de zones potentiellement dangereuses et le déminage. Mais, comme ce fut le cas de façon improvisée à Dallas en 2016, ils peuvent être détournés de leur mission principale pour porter une charge explosive. Ils peuvent aussi disposer de canons permettant de percuter des balles à blanc. Ce procédé est utilisé pour faire réagir certains explosifs lors d’opérations de déminage. Ces canons pourraient très bien être chargés avec des balles réelles.

L’humain au cœur du problème

Du côté des militaires, ce type d’armes existe déjà et a été employé lors de conflits ou d’opérations spéciales. Les problèmes éthiques tournent autour des variantes autonomes de ces robots et font même l’objet de discussions chaque année à l’ONU. Pour le moment, le principe est que l’intervention d’un opérateur humain reste exigée pour engager une cible. Mais, avec leurs capacités autonomes, les robots dopés à l’Intelligence artificielle peuvent très bien réaliser l’opération sans aucune intervention humaine. La frontière est d’ailleurs ténue comme le montre le cas du drone de combat israélien Lanius d’Elbit que Futura a évoqué dernièrement. Autonome, ce drone pourrait très bien atteindre sa cible sans qu’un opérateur intervienne. 

La guerre ne répond pas aux mêmes aspirations que la sécurité d’une ville. Dans le cas de la police, ce serait effectivement un opérateur qui se trouverait aux commandes. Mais l’utilisation de robots à capacité léthale par la police de San Francisco reste problématique pour une autre raison. La ville est souvent condamnée pour un usage excessif et sans discernement de la force dans ses interventions. Le SFPD fait même tout pour étouffer les affaires de passage à tabac par ses agents. Alors, le fait d’autoriser ces mêmes agents à décider de l’engagement de robots tueurs a de quoi inquiéter les habitants de la ville et l’administration.

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