Des patients d’unité Alzheimer, héros du film documentaire « Esprits libres » – Pont-l’Abbé



« C’est mon troisième film sur l’accompagnement des malades Alzheimer. ‘‘Esprits libres’’ est un peu la finalisation de ce projet. Ici, ils vivent jour et nuit avec les soignants et retrouvent un semblant de vie normale, loin des institutions », explique le réalisateur sociologue Bertrand Hagenmüller, dont les films documentaires « Prendre soin » et « Premières lignes » sont sortis en 2019 et 2022. Sous le soleil de ce mois de septembre, le manoir de Kerpaul et son magnifique parc, à Loctudy, a des airs de colonie de vacances. Ce mardi matin, une scène se tourne à l’ombre des cyprès avec la dramathérapeute Emanuela Barbone tandis qu’une partie des résidents revient du marché.

Une pratique du théâtre déjà expérimentée

Avec cette résidence d’une quinzaine de jours autour d’une création théâtrale, l’auteur et réalisateur du film poursuit la collaboration avec les équipes d’unités Alzheimer des maisons de retraite de Garches et Saint-Cloud. Le projet, conçu avec le soutien de la Fondation Recherche Alzheimer, repose sur la dramathérapie, une pratique du théâtre avec les soignants et les patients Alzheimer, expérimentée par l’une de ces structures depuis cinq ans. Et elle a pu en mesurer les bienfaits, sur le maintien des capacités motrices des résidents mais aussi en les valorisant au sein de l’environnement social. Par le biais du théâtre, les patients « recouvrent le sentiment d’appartenance à un groupe et le sentiment d’identité propre ».

« Emanuela était déjà engagée dans un travail de théâtre. Elle a déjà fait des résidences, des tournées. C’est ce qui a permis de se lancer dans ce projet », explique Bertrand Hagenmüller qui, en qualité de sociologue, accompagne les équipes dans les Ehpad sur ces questions de la relation aux personnes vulnérables.

On s’est rendu compte que toutes les personnes qui font partie du projet ont des compétences artistiques incroyables

D’autres voies que le tout médicament

« On s’est rendu compte que toutes les personnes qui font partie du projet ont des compétences artistiques incroyables », décrit Virginie Naudillon, assistante-réalisatrice.

L’enjeu thérapeutique est aussi une dimension importante de ce projet, la volonté des partenaires de santé d’unités Alzheimer étant d’aller chercher d’autres voies que le tout médicament. Ce projet fait intervenir des artistes, une poétesse, des musiciens mais aussi un médecin, l’expérience faisant l’objet d’une étude scientifique. « La musique permet de libérer les corps et la parole. On a beaucoup de patients qui ont des problèmes d’aphasie. Les chansons populaires réveillent en eux une partie de la mémoire pas encore effacée », précise Emanuela Barbone.

À l’issue de cette résidence, une représentation théâtrale, sous la forme d’une performance artistique déambulatoire, aura lieu au manoir de Kerpaul, le samedi 1er octobre, à 15 h. Elle est ouverte au public avec une jauge limitée à vingt personnes. Tous ceux qui souhaitent être le témoin de cette belle aventure humaine sont les bienvenus. Un temps d’échange est prévu avec l’équipe du film après la représentation.

Pratique

S’inscrire auprès du centre culturel de Loctudy au 02 98 87 92 67.

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