Des idées de cadeaux pour en mettre plein la vue aux cinéphiles à Noël

Pasolini en neuf films, les meilleurs courts métrages de la Nouvelle Vague, Bertrand Tavernier raconté par ses proches… De riches coffrets en ouvrages érudits, notre sélection de cadeaux 100% cinéma.

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DVD


“La Comtesse aux pieds nus”

La beauté d’Ava Gardner dansant le flamenco, l’imper mastic de Humphrey Bogart ruisselant de pluie dans un cimetière italien : deux images inoubliables de ce grand film critique sur le monde du spectacle, dans lequel Joseph L. Mankiewicz « voulait raconter l’histoire de Cendrillon à Hollywood […] avec l’ironie qui appartient au milieu dans lequel elle se déroule ». Un livre richement illustré et une formidable interview du réalisateur au soir de sa vie complètent cette édition ultra collector.
Carlotta Films, 1 DVD + Blu-ray + livre, 53 €. Également disponible en édition simple, 1 DVD ou Blu-ray, 20 €.

“Les Travaux et les Jours”

Est-ce un documentaire ou une fiction ? Le temps de cinq saisons, le photographe suédois Anders Edström et le cinéaste américain C.W. Winter ont filmé la vie paysanne dans les montagnes près de Kyoto, amenant certains de leurs « personnages », dont l’agricultrice Tayoko, à rejouer des épisodes de leur vie. Une chronique fleuve (plus de huit heures) visuellement superbe, dans laquelle on se laisse emporter avec bonheur.
Capricci, coffret 3 DVD + livre, 34,90 €.

John Ford

« L’Homme tranquille », de John Ford (1952), avec Maureen O’Hara et John Wayne.

« L’Homme tranquille », de John Ford (1952), avec Maureen O’Hara et John Wayne.

Republic Pictures

Dans L’Homme tranquille, John Ford rend un hommage chaleureux à ses racines irlandaises
en confiant à John Wayne, son acteur fétiche, le rôle d’un boxeur américain qui retourne dans l’île de ses ancêtres pour tomber amoureux de la sœur – forcément rousse… – de son voisin irascible. Ce film particulièrement enjoué et attachant est accompagné de deux beaux documentaires : un making of fouillé raconté par Gabriel Byrne, et un reportage sur les lieux du tournage quarante ans après.
Rimini, coffret 2 DVD + 2 Blu-ray + livre, 40 €. À signaler aussi, chez le même éditeur, le coffret « John Ford – premiers westerns », avec trois films muets de 1917, Du sang dans la prairie, Le Ranch Diavolo et À l’assaut du boulevard (3 DVD ou 2 Blu-ray, 25 €).

“Pasolini 100 ans !”

Pour célébrer le centenaire de Pier Paolo Pasolini (1922-1975), Carlotta Films a réuni en Blu-ray neuf films parmi les plus marquants du cinéaste italien, de sa chronique lyrique
du sous-prolétariat romain dans Accatone (1961) à sa relecture symboliste des mythes grecs dans Médée avec Maria Callas (1969), en passant par l’admirable Évangile selon saint Matthieu (1964) et la farce burlesque de Des oiseaux, petits et gros (1966). Parmi les bonus, copieux, on recommande plus particulièrement l’épisode de la série documentaire Cinéastes de notre temps consacré à « Pasolini l’enragé ».
Carlotta Films, coffret 6 Blu-ray, 75 €.

“Rashômon”, d’Akira Kurosawa

Deux crimes, quatre versions. « Rashômon », d’Akira Kurosawa (1950), avec Machiko Kyô.

Deux crimes, quatre versions. « Rashômon », d’Akira Kurosawa (1950), avec Machiko Kyô.

Daiei

Une affaire criminelle (le meurtre d’un samouraï et le viol de son épouse), quatre personnes pour la raconter avec autant de vérités différentes… Le grand classique d’Akira Kurosawa, qui inspira notamment Quentin Tarantino pour Pulp Fiction et, plus récemment, Ridley Scott pour Le Dernier Duel, bénéficie d’une édition DVD de luxe après sa ressortie en salles en copies neuves l’été dernier : superbe coffret en bois avec estampe, notes inédites du cinéaste japonais et, en bonus, une interview éclairante du réalisateur nippophile Arthur Harari (Onoda).

Potemkine, coffret DVD + Blu-ray + livre, 70 €.

“Les Chevaliers teutoniques”

C’est un peu le Guerre et Paix polonais. Une superproduction à grand spectacle (dix mille figurants) et à très grand succès (33 millions d’entrées en Pologne lors de sa sortie en 1960 !) soutenue par le gouvernement communiste pour exalter le sentiment national à travers le combat, à la fin du XIVe siècle, du comte Jurand contre les chevaliers allemands de l’ordre Teutonique, assimilés peu ou prou à des nazis. La propagande n’est pas d’une grande finesse, mais le mélange d’intrigue sentimentale et de chronique historique tient la route. Et la reconstitution de la gigantesque bataille de Grunwald en met plein la vue.

Kinuyo Tanaka, réalisatrice de l’âge d’or du cinéma japonais

« Mademoiselle Ogin » (1962). Avec Ineko Arima.

« Mademoiselle Ogin » (1962). Avec Ineko Arima.

Shochiku – Ninjin Club

Seule réalisatrice japonaise des années 1950, Kinuyo Tanaka a tourné six films aux sujets forts et à l’esthétique moderne, entre néoréalisme et Nouvelle Vague. Avec ses héroïnes volontaires, de la fille d’un maître de thé du XVIe siècle (Mademoiselle Ogin, 1962) à la prostituée d’après-guerre (Lettre d’amour, 1953), Tanaka fait preuve d’une audace surprenante. Des films magnifiquement restaurés.
Carlotta Films, coffrets 4 Blu-ray ou 6 DVD, 65 €.

19 courts métrages de la Nouvelle Vague

La Nouvelle Vague est à prendre ici au sens extra large du terme : Jean-Pierre Melville, Agnès Varda et Alain Resnais sont davantage des compagnons de route du mouvement, et Maurice Pialat (dont le magnifique L’amour existe et le grinçant Janine sont disponibles ici) n’en a jamais fait partie. Mais quel plaisir de retrouver des courts devenus des classiques comme Charlotte et son Jules, de Godard, Le Coup du berger, de Rivette, ou encore le méconnu
Les Veuves de 15 ans, de Jean Rouch !
Doriane Films, 2 DVD, 21 €.

“David Lynch : Origins”

« Erasehead » (1977), avec Laurel Near.

« Erasehead » (1977), avec Laurel Near.

American Film Institute

Certes, il y a eu la série Twin Peaks : The Return en 2017, mais quand pourrons-nous découvrir un nouveau film de David Lynch ? Le dernier, Inland Empire, remonte à seize ans… Pour patienter, on peut replonger dans les débuts, impressionnants, du cinéaste américain avec le toujours dérangeant Eraserhead (1977), complété par un portrait documentaire inédit qui fait
la part belle à ses jeunes années, David Lynch : The Art Life (1976), et une sélection de courts et moyens métrages très inventifs, dont The Alphabet (1968), une petite merveille de tableau macabre qui mêle animation et prises de vues réelles.
Potemkine, coffret 3 Blu-ray, 35 €.

Artus Films, combo DVD + Blu-ray + livret, 30 €.

“Claude Lelouch. 60 ans de cinéma”

Cette intégrale Lelouch en impose avec ses quarante-quatre longs métrages (dont de beaux classiques comme Un homme et une femme ou La Bonne Année… et quelques nanars redoutables !), mais aussi avec ses quatre documentaires (dont sa vision des jeux Olympiques de Grenoble, Treize Jours en France) et des bonus à foison. Parmi eux, l’ensemble des bandes-annonces de ses films, souvent étonnantes, et neuf scopitones (les ancêtres du clip vidéo) tournés à ses débuts pour Dalida, Johnny Hallyday ou Claude François. Un must pour les fans, à condition d’y mettre le prix !
Metropolitan Video, coffret 50 DVD ou 50 Blu-ray, 250 € ou 300 €.

“Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia”

« Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia » (1974), avec Robert Webber et Gig Young.

« Apportez-moi la tête d’Alfredo Garcia » (1974), avec Robert Webber et Gig Young.

Optimus

Dans un Mexique morbide et corrompu, un tueur à gages au bout du rouleau (Warren Oates) accepte de ramener la tête d’un homme à un grand propriétaire… Le film le plus baroque, le plus fou, le plus émouvant de Sam Peckinpah, qui concentre toutes les obsessions du cinéaste maudit : un héros en totale contradiction avec lui-même, le thème du double et la vision maniériste de la violence, avec les fameux ralentis sur les corps criblés de balles qui tombent dans la poussière. Cette odyssée macabre débute dans le réalisme le plus cru pour basculer, à mi-parcours, dans le fantastique halluciné…
BQHL, combo DVD + Blu-ray, 25 €.

“Larry Flynt”

« Larry Flint » (1996), avec Woody Harrelson.

« Larry Flint » (1996), avec Woody Harrelson.

Columbia

Le film le plus « scandaleux » de Milos Forman vaut mieux que son parfum de soufre. À travers le biopic du pornographe qui créa le magazine Hustler (le grand rival, aux images plus crues, de Playboy), le cinéaste tchécoslovaque exilé aux États-Unis chronique, avec son ironie habituelle, le combat d’un héros pas vraiment idéal pour la liberté d’expression.
La reconstitution des années 1970 est très réussie, et Woody Harrelson est génial. À noter, en bonus, un portrait documentaire de Larry Flynt raconté par un autre provocateur, l’acteur-cinéaste Dennis Hopper.
Wild Side Video, coffret DVD + Blu-ray + livret, 35 €.

“Robert Kramer Work”, volume 7

Les éditions Re:voir poursuivent leur redécouverte de l’œuvre du documentariste américain Robert Kramer (1939-1999), avec un nouveau volume d’une collection qui en comptera dix. Au programme : le mythique Route One/USA (1989), qui longe la côte est des États-Unis en compagnie d’un alter ego fictionnel du cinéaste. Un road-movie mélancolique, à la redécouverte d’une Amérique qu’il a quittée pour venir vivre en France. Également dans ce somptueux coffret : X-Country (1987) et la lettre vidéo Dear Doc (1990).
Re:voir, 3 DVD + 1 Blu-ray, 29,90 €.


LIVRES


“Jordan Mintzer. Conversations avec Dean Tavoularis”

Dean Tavoularis sur le tournage d’« Apocalypse Now », avec Aurore Clément, qui deviendra sa femme.

Dean Tavoularis sur le tournage d’« Apocalypse Now », avec Aurore Clément, qui deviendra sa femme.

coll. particulière aurore clément

Il a conçu les décors de Bonnie and Clyde, de la trilogie du Parrain et d’Apocalypse Now (entre beaucoup d’autres…). Dean Tavoularis, le chef décorateur préféré des cinéastes du Nouvel Hollywood, revisite sa carrière, et c’est passionnant. Une leçon de cinéma richement illustrée, notamment par les croquis et maquettes issus des archives de Tavoularis, et nourrie des témoignages admiratifs de Francis Ford Coppola, Warren Beatty ou du chef opérateur (et complice en création) Vittorio Storaro.
Synecdoche, 352 p., 69 €.

“Nos actrices françaises”, de Jean-Michel Parker

Les superbes portraits du photographe Sam Lévin illustrent ces déclarations d’amour à trente comédiennes du cinéma français des années 1950 à nos jours – Anouk Aimée, Françoise Fabian, Simone Signoret… le casting a fière allure !
► Herscher, 916 p., 45 €.

“Carnets 1955-2001”, d’Ingmar Bergman

Une plongée passionnante dans le processus créatif d’un des plus grands génies du septième art, à travers les réflexions que le réalisateur consignait jour après jour dans ses carnets intimes.
► Carlotta Films, 1  000 p., 59 €.

“Delon. En large et en travers”, collectif

Collection Christophel @ Victor Rodrigue

Joli titre pour cette encyclopédie à la fois fouillée et ludique d’Alain Delon, concoctée par les journalistes du magazine Sofilm. Avec des entrées incontournables (sur la beauté surhumaine de la star, sa relation quasi filiale avec Jean-Pierre Melville…) et d’autres plus surprenantes, sur l’adoration de l’acteur pour les chiens ou sa « collectionnite » aiguë. On recommande aussi les analyses de Damien Bonnard et du cinéaste Arthur Harari sur le jeu de Delon et les confidences étonnantes de l’animatrice Ariane Massenet. Les photos, souvent rares, sont à tomber.
Marabout, 256 p., 42 €.

“J’avais jadis une belle patrie”, de Lotte H. Eisner

L’autobiographie de la mémorialiste du cinéma allemand, fidèle adjointe d’Henri Langlois à la Cinémathèque française, est enfin traduite. Une vie mouvementée où l’on croise Fritz Lang, Marlene Dietrich…
► Marest, 440 p., 27 €.

“La Nouvelle Vague”, de Raymond Cauchetier

Il fut photographe de plateau sur À bout de souffle, Jules et Jim ou encore Lola. Les images sur le vif, et souvent pleines d’humour, de Raymond Cauchetier restent un témoignage précieux sur le mouvement qui bouleversa le cinéma français.
► Hugo Image, 238 p., 49,95 €.

“Romy Schneider/Claude Sautet, Un coup de foudre créatif”, de Jean-Pierre Lavoignat

Claude Sautet, Romy Schneider et Céline Galland sur le tournage de « César et Rosalie ».

Claude Sautet, Romy Schneider et Céline Galland sur le tournage de « César et Rosalie ».

Collection Cinémathèque française

« Cette rencontre nous a illuminés tous les deux », disait Claude Sautet de sa relation avec Romy Schneider. Le journaliste Jean-Pierre Lavoignat raconte par le détail la genèse et la réception des cinq films que le réalisateur, « ressemeleur des scénarios » des autres, tourna
avec son actrice fétiche, des Choses de la vie à Une histoire simple en passant par César et Rosalie. Avec les témoignages de comédiens (Sandrine Kiberlain, Jean Dujardin) et de cinéastes (Almodóvar, François Ozon) qui les admirent et de superbes photos et documents d’archives.
La Martinière, 192 p., 32,90 €.

“Philippe R. Doumic. L’œil du cinéma”

Bardot, Deneuve, Belmondo… ce sont quelques-unes des vedettes immortalisées dans les années 1960 par Philippe R. Doumic pour Unifrance. Deux cents de ses photos sont réunies dans ce séduisant hommage.
► Capricci, 240 p., 39,90 €.

“Bandes originales. Une histoire illustrée de la musique au cinéma”, de Thierry Jousse

Voilà un beau livre incontournable sur la musique au cinéma. Instructif, chatoyant, élégant. Thierry Jousse traverse tout le XXe siècle jusqu’à aujourd’hui pour raconter les compositeurs (Ennio Morricone, Bernard Herrmann, Nino Rota…), en abordant tous les genres de cinéma. Enchanteur.
► EPA, 288 p., 45 €.

“Bertrand Tavernier. Le cinéma et rien d’autre”, de Laurent Delmas

On avait adoré le feuilleton estival de France Inter consacré au réalisateur de L’Horloger de Saint-Paul, disparu en mars 2021, à 79 ans. En voici le prolongement littéraire, encore plus riche et stimulant, avec notamment les témoignages de quinze artistes et/ou proches de Tavernier. Les interviews de l’historien Stéphane Audoin-Rouzeau (conseiller sur Capitaine Conan), du collègue et admirateur Xavier Giannoli et de son complice à l’Institut Lumière Thierry Frémaux, sont particulièrement éclairantes. Et émouvantes.
► Coédition Gallimard/France Inter, 288 p., 29,90 €.

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