De premières amendes contre les «dark stores» à Paris

La Ville a engagé 47 procédures contre des installations jugées illégales. Deux premières astreintes viennent d’être transmises à Flink.

Les «dark stores», ces mini-entrepôts promettant de livrer les courses à domicile en moins d’une quinzaine de minutes, ont la vie de plus en plus dure à Paris. Opposée depuis une bonne année aux acteurs de ce commerce express (Flink, Gorillaz, GoPuff et autres Getir), la Ville a engagé 47 procédures judiciaires et administratives contre des installations jugées illégales. Deux premières astreintes administratives (à raison de 200 euros par jour, dans la limite de 25 000 euros par local) viennent d’être transmises à Flink.

«Les dark stores ne sont pas des commerces, mais des entrepôts, insiste Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire de Paris. Ils se sont installés sans demander la moindre autorisation, alors qu’ils doivent obtenir un changement de destination des locaux avant d’ouvrir. 80% d’entre eux sont dans l’illégalité. En plus, je reçois des dizaines de mails par jour de riverains en colère, qui se plaignent de nuisances».

Un arrêté attendu prochainement

Le phénomène est apparu avec le Covid. Des dizaines de mini-entrepôts d’un nouveau genre ont ouvert en cœur de ville: fermés à la clientèle, ils génèrent un défilé permanent de coursiers, chargés de livrer au plus vite les commandes passées sur Internet. L’emballement a été tel que les mairies de plusieurs grandes villes (Paris en tête, mais aussi Marseille, Lille, Lyon, Nice, Nantes ou Bordeaux) se sont élevées cet été contre un projet d’arrêté gouvernemental qui aurait pu faciliter l’implantation de ces structures dans leurs villes. Ces élus ont obtenu gain de cause.

Selon Bercy, l’arrêté qui devrait être publié en décembre donnera finalement aux mairies les moyens de réguler l’implantation de ces dark stores : comme ils devraient être considérés comme des entrepôts, les villes pourront décider dans leurs plans locaux d’urbanisme (PLU), de les interdire dans certaines zones. «L’arrêté du gouvernement reprend l’essentiel des arguments de la Ville de Paris et de France urbaine», se félicite Emmanuel Grégoire, qui n’a pas attendu sa publication pour s’attaquer au problème.

Selon lui, il y a désormais une centaine de «dark stores» dans la capitale, après un pic de 150. «50% ont déjà fermé sous les effets de la régularisation du marché (faillites, rachats…) et 50% sur recommandation de leurs juristes», affirme-t-il.

Les «drive piétons» mieux acceptés

Soucieux «de tout faire pour garder la ville activée, avec des commerces», Emmanuel Grégoire n’est en revanche pas opposé au «drive piétons», «à condition de pouvoir décider où c’est acceptable». Ces drive ont été ouverts par les grands distributeurs (Leclerc, Auchan…), pour que leurs clients viennent y retirer leurs commandes passées sur Internet. «Concernant sur le drive piéton, la concertation avec les acteurs économiques et les associations de riverains est toujours en cours, assure-t-on au cabinet d’Olivia Grégoire. Leur classification n’est pas totalement arrêtée. Ils ne semblent pas faire pas l’objet d’opposition de la part des élus et des riverains».

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