[Critique film] The Retaliators : Représailles sanglantes

Le retour du cinéma Bis

The Retaliators, c’est un peu le cri d’amour à un genre tombé lentement en désuétude qu’on surnomme communément le cinéma bis et qui inclut selon les définitions des films de série B voire Z, mais qu’on pourrait également étendre à de nombreux autres métrages du genre.

Un domaine vaste en somme avec ses codes, ses excès, ses outrances et souvent aussi ses fulgurances. Le film de Samuel Gonzalez Jr., Michael Lombardi et Bridget Smith s’ouvre sur deux jeunes filles égarées dans les bois qui cherchent leur route et se retrouvent agressées par une meute de gens ressemblant à des zombies. Il ne faut néanmoins pas plus de quelques secondes pour qu’un troisième personnage débarque et clame haut et fort que ce ne sont pas des zombies, avant d’être entraînés de force et les filles massacrées.



Après cette introduction spectaculaire, le film démarre réellement en reculant de quelques semaines dans le temps et en nous montrant un contexte totalement différent : organisation d’un réveillon de Noël dans une ville tranquille, petite famille sympathique avec un père et ses deux filles.

Le paradoxe entre l’introduction et ce nouveau contexte démontre d’emblée que le métrage va vouloir osciller entre différents genres, que ce soit le film d’horreur, le polar, le drame et réunir le tout en une sorte de patchwork du cinéma bis.

michael lombardi le visage en sang dans the retaliators

Un plaisir coupable

Inutile de dire que The Retaliators brille davantage par sa sincérité que par sa subtilité. Tous les poncifs du genre semblent s’être donnés rendez-vous dans ce métrage, que ce soit par le biais du mauvais goût ou par les situations convenues dont on a l’habitude, mais il faut reconnaître que l’ensemble est plutôt bien fait et tient la route.

Certes, il y a un côté crétin voire régressif et, cerise sur le gâteau, le film va sûrement énerver les moralistes vu qu’il tient parfois un discours sur la violence qui passe en cours de métrage du “on tend l’autre joue quand on se fait frapper” à la loi du talion. Un changement de cap d’autant plus marquant que le personnage principal est évêque et que sa violence est parfaitement justifiée dans le film.

Pour autant, les personnages demeurent (trop) caricaturaux tant leurs réactions sont prévisibles et souvent bêtes. Malgré un budget que l’on devine modeste, les séquences d’action sont en revanche plutôt réussies et nous rappellent parfois la patte de Sam Raimi sur ses Evil Dead, en particulier lorsque se déversent des hectolitres de sang à l’écran. Carte maîtresse de The Retaliators, la musique se rappelle constamment à nous et cela ne surprendra personne au vu du nombre de musiciens de hard rock et de métal qui défilent devant (Tommy Lee, Jacoby Shaddix…) et derrière (le groupe THE HU ou From Ashes to New) la caméra, au point qu’il serait inutile d’essayer de tous les citer ici.

attaque dans la voiture dans le film the retaliators

Alors oui, mais….

Comme nous l’avons clairement explicité précédemment The Retaliators n’est pas exempt de défaut mais il comble ses écueils par une énergie et une sincérité débordantes.

Néanmoins, on pourrait tout de même lui reprocher de trop prendre son temps et de ne garder ses séquences d’action que pour les vingt dernières minutes, ou encore ses interprétations en dents de scie (les musiciens ne font pas tous de bons acteurs), sans parler de certaines maladresses lourdingues – le héros veut se venger, puis il renonce en pleurant qu’il peut pas, puis finalement il le fait quand même.

En fait, les qualités du métrage tiennent à la nostalgie qu’il dégage, en nous rappelant une époque cinéma plus méchante, plus barrée, mais aussi plus fun et bien plus créative. Et ses défauts sont tout simplement que, si il était sorti à l’époque en question, cela aurait été tout juste un film sympa tant les productions de ce type florissaient alors et que bon nombre d’entre elles auraient été d’une qualité supérieure.

C’est donc par sa rareté que The Retaliators emporte aujourd’hui notre adhésion, mais peut être devra-t-il être réévalué le jour où on tirera la chasse des productions Disney, Marvel, Netflix et tout autre porte étendards du progressisme aseptisé.

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