Crise du cinéma en salles : “Le problème n’est pas le prix, mais d’avoir des films qui font envie”

La baisse de 30% en moyenne constatée depuis le début de l’année se confirme-t-elle en cette rentrée ?

On reste sur cette tendance, qui est la même aux Etats-Unis, d’ailleurs. Mais 30% de moins, ça veut dire aussi 70% des spectateurs qui sont revenus ! En fonction du succès d’Avatar 2 qui sort en décembre, on sera peut-être à 80%. Après, je suis un peu surpris du côté catastrophiste d’une partie de vos collègues dans la presse. Oui c’est une année de reprise, oui c’est difficile. Mais la cata, ce serait si on était resté sur les chiffres de janvier-février avec -40 à -50%. Alors qu’il y a des raisons d’être optimiste ! La dernière fête du cinéma a réuni 3,2 millions de spectateurs, autant voire mieux qu’avant la pandémie. Et contrairement à ce qu’on dit, il y a des films qui marchent. La reprise d’Avatar (564.979 entrées en une semaine – ndlr), mais aussi des films français comme Kompromat (549.675 entrées), Revoir Paris (457.404 entrées) ou Le visiteur du futur (317.253 entrées) dans des genres très différents. Sans parler de La nuit du 12, qui est sorti cet été et qui vient de dépasser les 500.000 entrées. Il y a une reprise, mais le nombre de films concernés n’est pas suffisant. La différence avec septembre 2021, c’est qu’on avait un film comme Dune, et là non. Mais depuis la semaine dernière, l’offre de films redevient plus large. Il y a Novembre qui démarre fort, le film d’horreur Smile, qui a gagné des spectateurs en deuxième semaine. Cette offre va encore s’élargir d’ici la fin de l’année. Et c’est surtout l’année prochaine qu’on va retrouver une offre comparable à celle de 2019.

Est-ce que les films français sont plus impactés par cette baisse de 30% que les films américains ? 

Non, la preuve avec les films que je viens de vous citer. Certains marchent, certains non. Je crois d’ailleurs que les problèmes brandis par les états généraux du cinéma français, c’est moins une question de distribution en salles que de financement de la production. La situation est la même pour les films américains avec des succès et des échecs aussi. Il n’y a pas un genre qui s’effondre en particulier. Le problème, pour le moment, c’est le volume de renouvellement de l’offre qui n’est pas suffisant. C’était notamment le cas cet été où il y avait beaucoup moins de films qu’auparavant.