Coupe du monde | Quand Luis Enrique embrasse la technologie

(Doha) Des trottinettes électriques pour se déplacer à l’intérieur du camp de base, des talkies-walkies et des écrans géants aux entraînements, et désormais, des diffusions sur Twitch : bardé de technologies, Luis Enrique a révolutionné la manière dont l’Espagne aborde le Mondial-2022.


C’est la dernière invention du fantasque Luis Enrique : durant la Coupe du monde, « tous les soirs, sauf les jours de match », le sélectionneur espagnol se connecte aux alentours de 20 h pour parler en direct à plusieurs centaines de milliers de fans connectés, et quelques-uns de ses internationaux.

Pour sa première apparition sur Twitch, le 18 novembre, ils étaient déjà 150 000 à suivre son premier stream, depuis le petit bureau qu’il a aménagé dans sa chambre de l’Université du Qatar, camp de base espagnol à Doha durant ce Mondial.

« Je suis très pressé de vous raconter les choses telles qu’elles sont. La réalité totale, sans aucune organisation », a glissé Luis Enrique dès ses premiers mots en direct.

Une nouvelle manière de communiquer avec le public, après celles qu’il a déjà éprouvées avec ses joueurs.

Échafaudages, trottinettes et talkies-walkies

Depuis ses premiers pas d’entraîneur à Vigo, Luis Enrique n’a cessé d’innover. En 2013, alors à la tête du Celta, il se procure un petit échafaudage afin de pouvoir suivre les entraînements depuis une hauteur.

« Il avait remarqué que c’était bien plus facile de communiquer avec les joueurs ainsi », avait précisé Robert Moreno, son ancien adjoint, dans un entretien à Mundo Deportivo.

« Lucho » a transposé cet instrument à son retour à la sélection en 2019, et en a même fait installer un sur le terrain d’entraînement de l’université du Qatar.

Sur place, pour se rendre aux sessions collectives, et pour se déplacer au sein du camp de base espagnol, les joueurs et l’encadrement utilisent d’ailleurs des trottinettes électriques.

« C’est un mode de transport facile, commode et amusant. À l’Euro, l’an dernier, il n’y en avait pas assez, donc là, on en a commandé pour tout le monde », a même précisé le sélectionneur sur Twitch, samedi soir.

Pendant l’entraînement, les joueurs de la Roja portent des dossards avec des balises GPS dans le dos, comme dans la plupart des plus grands clubs du monde, qui leur permettent de traquer leur activité physique… mais aussi de petits haut-parleurs, reliés au talkie-walkie de leur entraîneur.

Luis Enrique a introduit cette technologie en septembre, et peut ainsi leur donner des instructions individuelles, ou collectives, sans crier depuis son échafaudage, à l’instar d’un directeur sportif d’une équipe cycliste.

Écran géant et caisson hyperbare

L’un des appareils que les internationaux ne retrouveront pas à Doha est l’écran de six mètres sur trois que Luis Enrique a fait installer en mars à Las Rozas (nord de Madrid), au centre d’entraînement de la sélection.

Un écran géant que le technicien utilise pour donner des indications tactiques en instantané à ses joueurs, ou pour leur montrer des situations de match qui reflètent les exercices mis en place.

Dans une vidéo diffusée par la fédération espagnole de football, on a par exemple vu Luis Enrique ajuster le positionnement de ses éléments offensifs en se basant sur les images d’un match diffusées en parallèle sur l’écran.

« Là où on note le plus l’application de la technologie à l’entraînement, c’est en sélection », affirmait en septembre le défenseur central du FC Barcelone et de la Roja, Eric Garcia. « Tout évolue très vite, la technologie avance et s’immisce aussi dans le football. Mais ce sont des choses effectives », avait-il affirmé.

L’autre machine dont les internationaux sont privés au Qatar est leur caisson hyperbare : une cellule avec une pression supérieure à celle de l’atmosphère, qui permet une meilleure oxygénation des tissus musculaires et une cicatrisation plus rapide des blessures.

Gadgets ou véritables avancées technologiques, ces outils font désormais partie du quotidien de la Roja, qui affronte l’Allemagne dimanche.