Costa-Gavras invité d’honneur aux 50 ans de la Cinémathèque de Tours

Du 25 novembre au 28 novembre, la Cinémathèque de Tours fêtera ses 50 ans, avec comme invité d’honneur le réalisateur Costa-Gavras. Au programme : des projections de films, des journées-rencontres et une exposition de photographies.

Créée en 1972 par Henri Langlois et Lionel Tardif, la Cinémathèque de Tours va fêter son cinquantième anniversaire ce 25 novembre. Et pour fêter ces longues années de service, la structure municipale tourangelle dédiée au cinéma recevra un poids lourd du 7e art : le réalisateur franco-grec Costa-Gavras.

Dès 1975, la Cinémathèque avait fait parler d’elle avec un événement exceptionnel : la projection de 250 films français, 24 heures sur 24, pendant 15 jours. Après la mort d’Henri Langlois, son cofondateur, la fréquence des séances avait diminué pour carrément s’interrompre en 1985. Il faudra attendre 1989 pour voir les fauteuils à nouveau occupés. En 2005, quand Agnès Torrens en prend la présidence, l’institution a regagné tout son attrait.

Désormais, aux commandes, trois femmes : Agnès Torrens, Elsa Loncle et Corinne Bellan. Elle se sont concertées et, pour célébrer dignement cet anniversaire, le nom de l’actuel président de la Cinémathèque Française, Costa-Gavras, est venu tout naturellement.

Agnès Torrens raconte : “Il est rarement venu aux Studios. Agé de 89 ans, sa filmographie est d’une incroyable richesse. Il a tout de suite été partant. Nous repasserons plusieurs de ses films, dont son tout premier, moins connu, “Compartiment tueurs”.

Dans les années 60, Costa avait déjà beaucoup d’amis. Tout le monde voulait jouer dans son premier film ; le casting est époustouflant : Catherine Allegret, Michel Piccoli, Jean-Yves Trintignant, Simone Signoret, et d’autres encore. ” Le samedi après-midi, à la salle Thélème, un échange de deux heures est d’ailleurs prévu avec le réalisateur. Ce sera l’occasion de lui poser des questions sur son engagement ou sur le choix de ses acteurs.”

Pour que les tourangeaux se sentent encore plus concernés par cet anniversaire, la Cinémathèque proposera également des films tournés dans la ville comme “Grand Amour” de Pierre Etaix, une histoire tendre et poétique, ou le “Bleu des villes“, de Stéphane Brizé. La scénariste Florence Vignon, qui y tenait le premier rôle, sera présente pour présenter son long-métrage, “L’homme debout”, avec Jacques Gamblin.

Les cinéphiles décortiqueront le programme pour y dénicher quelques raretés : des films du début du vingtième siècle (“Ce cochon de Morin” de Victor Tourjanski, ou “Casanova” de Alexandre Volkoff…), d’autres qui parlent du 7ème Art (“La Rose pourpre du Caire” de Woody Allen, “La nuit américaine” de Truffaut…).

Enfin place également aux courts métrages puisque la Cinémathèque diffusera ceux de cinq réalisateurs locaux, tels Alex Guery : “Je dois beaucoup à ce lieu, je m’en nourris encore. J’ai hâte de rencontrer d’autres réalisateurs et réalisatrices comme Just Philippot ou Annabelle Gangneux qui, comme moi, ont été poussés par Agnès Torrens.” Les festivités prendront fin avec “L’Aveu” de Costa-Gavras mais, jusqu’à la fin de la saison, la Cinémathèque continuera à proposer chaque lundi ses choix de films.