Compétition SensUs: une deuxième position pour des étudiants de l’UdeM

Une équipe étudiante de l’Université de Montréal et de Polytechnique Montréal a décroché la seconde place au concours annuel international SensUs, qui vise l’amélioration des soins de santé grâce à la mise au point de biocapteurs novateurs.

Organisée depuis 2016 par l’Université de technologie d’Eindhoven, aux Pays-Bas, la compétition a réuni cette année 14 équipes d’Europe, du Canada, d’Égypte, des États-Unis et de Chine.

Leur défi? Fabriquer des biocapteurs permettant de mesurer les inflammations aigües, plus précisément le choc septique.

Une technologie créative pour des applications pratiques

Le dispositif de l’équipe BiosensUM (à droite) et leur prix (à gauche).

Crédit : Photo de courtoisie

Nommée BiosensUM, l’équipe de l’UdeM a conçu un dispositif capable de détecter en cinq minutes l’interleukine-6 dans le plasma sanguin, soit une protéine en cause dans le déclenchement de l’inflammation. De la taille d’une boîte de mouchoirs, l’instrument fait appel aux propriétés optiques de certains métaux, notamment l’or, pour déceler le messager chimique de l’inflammation.

«C’est une technologie encore jamais décrite dans la littérature scientifique, indique Ryma Boudries, cocapitaine de l’équipe et étudiante au baccalauréat en chimie à l’Université de Montréal. Nous avons utilisé de la fibre de borosilicate [un type de verre] sur laquelle nous avons superposé des nanoparticules d’or surmontées d’anticorps. La fibre de borosilicate transmet le signal, les nanoparticules l’amplifient et les anticorps se chargent de capturer la cible moléculaire souhaitée.»

Ainsi, on peut détecter rapidement dans le sang le biomarqueur de l’inflammation, surveiller son évolution en temps réel et intervenir tôt, sachant qu’un choc septique – ou une réaction inflammatoire aigüe – peut mettre en danger la vie du patient.

«Quand le corps fait face à des concentrations trop élevées de molécules inflammatoires, il y a un risque de défaillance des organes. Et ce processus se produit très vite, d’où l’intérêt de vouloir repérer rapidement les marqueurs inflammatoires», précise Ryma Boudries.

Équipe multidisciplinaire

Ce concept ingénieux est attribuable à plusieurs étudiantes et étudiants aux horizons variés: Pierre-Alexandre Aubé en génie biomédical; Ryma Boudries, Caroline Dubois, Christopher Ledo et Marwa Safa en chimie; Katia Cherifi en microbiologie et immunologie; Faten Idar en mathématiques; Sarah Ferragne en biochimie et médecine moléculaire; et Jade Cimmino en sciences biologiques.

«C’est motivant d’entreprendre ce genre de concours avec des gens qui viennent de toutes sortes de domaines, note Pierre-Alexandre Aubé, cocapitaine de l’équipe et étudiant à Polytechnique Montréal. On apprend les uns des autres et l’on est invités à accomplir des tâches qu’on ne ferait pas en contexte scolaire habituel.»

L’équipe a également pu profiter de l’expérience d’Alexandrine Frappier, gagnante précédente du concours, et de l’expertise de Jean-François Masson, chercheur et professeur au Département de chimie de l’UdeM.

Dans son rôle de conseiller scientifique et de facilitateur, M. Masson a été impressionné par la qualité et la sophistication du travail de l’équipe. «La plupart des membres de l’équipe sont au premier cycle, voire au début de leurs études, c’est tout à leur honneur d’avoir aussi bien performé», a-t-il dit.

La compétition vous intéresse?

Jean-François Masson lance déjà les invitations pour la compétition SensUs 2023. Il invite les étudiantes et étudiants inscrits au baccalauréat ou à la maîtrise dans un domaine scientifique, technologique ou médical, en design industriel ou en études commerciales à l’UdeM ou dans l’une de ses écoles affiliées à communiquer avec lui par courriel.

Le professeur sollicite également l’aide de toute personne ou organisation désireuse de participer au financement du projet.