Cinéma : 10 secrets de tournage du film La Boum !

1. Mère et fille

« Un jour je rentre chez moi, j’entends de la musique, je vois tous les rideaux fermés […] et des enfants en train de danser, enlacés, sur une musique très romantique. Je suis stupéfaite car ma fille a seulement 12 ans… […] La boum, à l’époque, c’était un phénomène qui venait d’apparaître. » Ainsi s’exprimait la scénariste Danièle Thompson dans le documentaire Génération « La Boum », diffusé sur France 2 en 2021. C’est de cette manière qu’a démarré l’histoire de La Boum, fi lm pour lequel sa fille Caroline fut, à sa demande, « conseillère en crise de l’adolescence » !

2. Dernière seconde

Trouver l’interprète principale du film, la fameuse Vic, n’a pas été simple. La directrice de casting, Françoise Menidrey, se souvenait avoir fait tous les collèges et cours de danse de Paris, en vain. À tel point, qu’à quelques semaines du début du tournage, l’équipe n’avait pas sa Vic ! Françoise Menidrey pousse alors les portes d’une agence de modèles où venait de s’inscrire une certaine Sophie Maupu. Bingo ! C’est elle qui tapa dans l’œil du réalisateur Claude Pinoteau et dans celui de Danièle Thompson. « J’en ai des frissons quand je vous en parle », avouait cette dernière.

3. Le désarroi de Sheila

Devant l’impossibilité initiale de Vic, Claude Pinoteau avait fini par se rabattre sur Sheila O’Connor pour tenir le rôle principal du film, jusqu’à ce que Sophie Maupu se révèle au cinéaste… On imagine bien la profondeur de la déception de la jeune fille qui dut, à l’arrivée, se contenter du rôle secondaire de la meilleure amie de Vic, l’énergique Pénélope. Sheila O’Connor n’a ensuite pas eu la carrière escomptée et a même sombré dans l’alcool, comme elle le confessait à Faustine Bollaert dans Ça commence aujourd’hui en 2022. « J’ai fait un peu trop la fête. […] Entre 17 et 22 ans, j’ai été addict, mais vraiment. »

4. Les grands recalés

Parmi les starlettes en herbe qui ont postulé pour obtenir le rôle de Vic se trouvait une certaine Cristiana Reali dont la ressemblance, jeune, avec Sophie Marceau était troublante… Pour incarner Poupette, la grand-mère, Madeleine Renaud avait été envisagée avant Denise Grey. Francis Perrin avait, de son côté, été approché pour l’emploi du père, finalement dévolu à Claude Brasseur. Un certain Jean-François Copé, enfin, aurait pu se retrouver également au casting. Malheureusement pour lui, il était absent de son collège le jour où la production procéda à une gigantesque revue d’effectifs !

5. Un nom d’avenue

Au cours du tournage, alors que Sophie Maupu donne toute satisfaction à l’équipe, Claude Pinoteau suggère à la jeune fille de 13 ans de changer de patronyme pour la sortie du film. « Maupu », ça ne fait pas trop cinéma… Le réalisateur et elle piochent alors, au hasard, parmi des noms d’avenues célèbres proches des Champs-Élysées. Le sort tombe sur « Marceau »… Sophie aurait donc pu s’appeler Sophie Kleber, Sophie Hugo ou Sophie Wagram !

6. Les dents de l’amer

On se souvient de la séquence où le jeune Stéphane (joué par Jean-Philippe Léonard) tente d’embrasser une fille, munie comme lui d’un appareil dentaire. Le garçon fi nit par entremêler le sien avec celui de sa partenaire qui sort de sa bouche ! Une situation pas vraiment réaliste (essayez, vous verrez !) qui nécessita dix-sept prises avant d’aboutir…

7. Premier baiser

Dans le documentaire Génération « La Boum » apparaissait Laurent N’Diaye qui incarne Arnaud dans le film, l’un des garçons agités du collège. « Ce qu’on voit à l’écran, c’est ce qui se passait dans la vie », témoignait-il alors. Avant d’ajouter que « les clans se formaient, que ça commençait à flirtouiller. » Il avouait aussi qu’il avait fait l’expérience du premier baiser pendant le tournage de La Boum et « Sophie aussi ».

8. “Du rêve à Reality”

Chargé par Gaumont de composer la musique du film, le célèbre Vladimir Cosma n’a qu’une semaine pour imaginer la chanson principale. Dans ses mémoires, intitulées Du rêve à Reality (éd. Plon), le compositeur se souvient qu’après avoir conçu la mélodie de Reality, le plus dur consista à trouver son interprète. Il rejeta la candidature de Gilbert Montagné pour se rabattre sur un inconnu franco-anglais, Richard Sanderson. Reality, numéro 1 des hit-parades pendant des mois, devint un tube planétaire, vendu à ce jour à 40 millions d’exemplaires.

9. Ça coince au démarrage Le mercredi 17 décembre 1980, La Boum sort sur les écrans et démarre très mal. « On est morts » se lamenta alors Danièle Thompson ! Puis, le bouche-à-oreille permit au fi lm de décoller et d’atteindre plus de quatre millions d’entrées, se classant premier du box-office de l’année devant L’Empire contre-attaque. Nos cousins transalpins plébiscitèrent encore plus que nous la comédie de Claude Pinoteau qui y attira presque huit millions de spectateurs.

10. “L’enfer” de Sophie

Devenue star par hasard (elle ne cherchait pas spécialement à faire de cinéma), en un seul fi lm, Sophie Marceau se mue en symbole de la jeunesse des années 80. À sa sortie, alors que La Boum n’avait pas encore rencontré le succès, elle recevait vingt lettres de fans par jour. Une fois le film devenu un phénomène, le courrier enfla jusqu’à deux cents ! La jeune fille a eu du mal à s’adapter à cette popularité soudaine. Sophie Marceau avouait même, en 2022, au Parisien en avoir souffert. « Je n’étais pas prête pour tout ça. La gloire de La Boum, ça a été un enfer pour moi ! »

 Louis-Paul CLÉMENT