CHU de Rennes : premier hôpital public à s’équiper d’une nouvelle technologie de robot

Lors des 19è journées de chirurgie gynécologique et pelvienne qui ont lieu du 21 au 23 septembre 20222 au couvent des Jacobins à Rennes, les deux robot étaient exposés les industriels qui les commercialisent.
Lors des 19è journées de chirurgie gynécologique et pelvienne qui ont lieu du 21 au 23 septembre 20222 au couvent des Jacobins à Rennes, les deux robot étaient exposés les industriels qui les commercialisent. (©Brian Le Goff / Actu Rennes)

« Le CHU de Rennes confirme son leadership en chirurgie robot assistée. » C’est en ces termes que l’établissement de santé rennais a fait l’annonce, ce mercredi 21 septembre 2022, de l’arrivée de deux nouveaux robots pour des opérations.

En effet, il vient de faire l’acquisition d’un troisième robot Intuitive grâce au fond de
dotation Nominoë, le Da Vinci X, et du robot chirurgical de dernière génération HugoTM Robotic Assisted Surgery (RAS) system conçu par la société Medtronic, devenant ainsi le premier CHU de France à en être doté.

Une première opération fin octobre

Mis en service le 22 septembre, le robot HugoTM RAS system devrait réaliser sa première procédure fin octobre. Cette dernière, une prostatectomie, sera précédée d’une répétition générale.

La prostatectomie radicale (ou prostatectomie totale) est une intervention chirurgicale pratiquée pour le traitement du cancer prostatique. Elle consiste à retirer complètement la prostate et les vésicules séminales.

Un coût de 3 millions d’euros

La mise en place de ces deux robots avec le concours de la coopérative d’acheteurs hospitaliers français UniHA, d’une valeur globale de 3 millions d’euros, traduit une nouvelle fois « le dynamisme de l’établissement et l’excellence des équipes chirurgicales en matière de chirurgie robotisée, d’innovation technologique et de recherche » pour assurer aux patients une prise en charge optimale.

Vincent Lavoué, professeur spécialisé en gynécologie-obstétrique  au Chu de Rennes devant le robot Hugo.
Vincent Lavoué, professeur spécialisé en gynécologie-obstétrique au CHU de Rennes devant le robot HugoTM RAS system. (©Brian Le Goff / Actu Rennes)

Des avantages pour les médecins…

 Pour le chirurgien, la grande précision de ces systèmes combinée aux larges possibilités de déplacements et mouvements des instruments et à la vision 3D de haute qualité, contribuent à l’élargissement de son utilisation et au développement de nouvelles approches chirurgicales.

L’ergonomie de ces systèmes procure aussi pour les chirurgiens et pour l’équipe chirurgicale, une réelle amélioration du confort de travail ainsi qu’une réduction de la fatigue, point crucial dans la qualité de la prise en charge des patients.

Vidéos : en ce moment sur Actu

Professeur au CHU de Rennes, Vincent Lavoué, spécialiste en gynécologie-obstétrique, voit ces robots, qui font de plus en plus leur apparition dans les pratiques chirurgicales, comme un intermédiaire sain comparé à ce qu’il se faisait avant. À l’image de cœlioscopie, une technique chirurgicale qui permet, par une petite ouverture de la paroi de l’ abdomen, d’observer l’intérieur de la cavité abdominale ou pelvienne et d’intervenir sur les organes.

Cette technique permettait juste de glisser des instruments dans le corps d’un patient sans pouvoir les articuler comme nous le voulions. Maintenant, avec les robots, ces articulations indispensables sont possibles.

Professeur Vincent LavouéSpécialiste en gynécologie-obstétrique au CHU de Rennes

Pour lui, l’innovation se poursuivra et il espère d’ici quelques années pouvoir travailler avec la réalité augmentée, « c’est-à-dire qu’on pourrait avoir la copie d’un scanner de la partie du corps qu’on opère sur l’image en direct qu’on voit grâce au robot et ainsi intervenir avec encore plus de précisions dessus ».

… comme pour les patients

Pour les patients, avec des ouvertures moins importantes réalisées sur le corps, la réduction des saignements au cours de la chirurgie et la diminution des douleurs postopératoires sont des indicateurs favorables à une convalescence raccourcie et une reprise d’activité plus précoce, du fait d’une cicatrisation plus rapide sur des petites plaies.

Les études publiées illustrent bien ce que l’établissement constate, en termes de diminution de la durée d’hospitalisation et de limitation des effets secondaires.

Vincent Lavoué, professeur spécialisé en gynécologie-obstétrique  au Chu de Rennes devant le robot Da Vinci X.
Vincent Lavoué, professeur spécialisé en gynécologie-obstétrique au Chu de Rennes devant le robot Da Vinci X. (©Brian Le Goff / Actu Rennes)

Combien de robots possède le CHU ?

La plateforme de chirurgie robotique du CHU comprend donc à ce jour quatre robots chirurgicaux de type télémanipulateurs en complément du robot dédié à la neurochirurgie et d’un robot d’assistance en neuroradiologie interventionnelle et envisage d’autres systèmes dans un avenir proche.

La chirurgie robotique au CHU en chiffres

– 4 robots chirurgicaux télémanipulateurs acquis depuis 2010
– 6 disciplines recourent à la chirurgie robotisée : urologie, gynécologie, digestif,
thoracique, orl, pédiatrie
– 5 000 patients pris en charge au CHU de Rennes ont bénéficié d’une chirurgie
robot-assistée
– Parmi les 32 872 interventions chirurgicales réalisées au CHU en 2021, 731 étaient robot
assistées :
o 360 en urologie.
o 90 en digestif.
o 62 en thoracique.
o 181 en gynécologie.
o 36 en pédiatrie.
o 2 en ORL.
– Près de 50 équipes d’autres établissements ont été accueillies et formées à l’utilisation de ces robots au sein du CHU de Rennes et une quinzaine de formations a pu être
dispensée en appui et expertise sur d’autres sites hospitaliers.
– 51 publications scientifiques.

L’établissement demeure ainsi l’un des centres hospitaliers les mieux équipés de France.

La robotique au CHU, c’est aussi :

  • Rosa (Medtech), acquis en mai 2017, ce robot neurochirurgical est couplé au dispositif O’ARM d’imagerie 3D peropératoire. Dédié aux chirurgies mini-invasives du crâne et de la colonne vertébrale, l’équipement apporte davantage de précision aux procédures chirurgicales tout en réduisant le temps opératoire.
  • R-One (Robocath), utilisé depuis près d’un an par le CHU dans le cadre de son partenariat avec la société Philips, cette plateforme de neuroradiologie interventionnelle fait l’objet d’un contrat de recherche et développement entre le CHU et Robocath visant à élargir les indications de cette technologie en matière d’assistance aux gestes interventionnels en neurovasculaire.
  • Robotol (Collin Médical), technologie d’aide à l’insertion des électrodes d’implants
    cochléaires fera son entrée au CHU à horizon 2023. Là encore, cette acquisition repose sur une démarche partenariale portant non seulement sur la qualité des soins mais également sur l’enseignement, la recherche et l’innovation.

Cet article vous a été utile ? Sachez que vous pouvez suivre Actu Rennes dans l’espace Mon Actu . En un clic, après inscription, vous y retrouverez toute l’actualité de vos villes et marques favorites.

x