Carcassonne. La Maison médicale de garde, cet acteur menacé mais incontournable

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Si le site de la Patte d’oie rencontre des soucis financiers dus à une hausse de fréquentation, cette situation illustre aussi à quel point cet équipement, impulsé par la Ville, joue aujourd’hui un rôle essentiel dans le désengorgement des urgences du centre hospitalier. La Ville a réuni ce lundi 19 septembre les médecins du site et les principaux partenaires.

L’histoire de la Maison médicale de garde de Carcassonne témoigne aussi d’une évolution sensible dans la manière de soigner le plus efficacement possible la population d’un territoire. Dès 2006, année de sa création à l’initiative du maire Gérard Larrat, l’objectif était de corriger le réflexe de la plupart des habitants, consistant à se rendre aux urgences du centre hospitalier à la moindre blessure ou pépin de santé imprévus. Un “besoin” qui allait aussi de pair avec le constat d’un accroissement du nombre de personnes malades, et une réelle nécessité de “soulager” l’hôpital, explique-t-on en mairie. À vrai dire, le “succès” de la Maison médicale ne date pas d’hier. Lancée dans un premier temps rue de la Liberté suite à un investissement de la Ville, cette dernière juge “nécessaire” de la déplacer en 2014 face au développement de son activité : une demande, aussi, des médecins intervenant sur place. La collectivité part ainsi en quête d’un lieu avec parking, et à proximité immédiate du centre-ville. “Une partie de la patientèle se rend à pied à la Maison médicale, il ne fallait pas l’abandonner et la pénaliser”, précise-t-on. Le site idéal est trouvé à la Patte d’oie : sont mis à la disposition de la “MMG” 185 m2 de locaux, 300 m2 de parking, et 140 000 euros sont investis pour l’aménagement du nouveau bâtiment. S’ensuivait par la suite un soutien régulier, visant à garantir la pérennité de cet équipement dont la pertinence n’a cessé de croître au fil du temps.

300 000 euros investis par la Ville en sept ans

“La valeur locative est estimée à près de 10 000 euros par an, l’exonération du foncier s’élevant à 2 200 euros annuels et les travaux de maintenance à 10 000 euros chaque année”, indique la Ville. Carcassonne a ainsi investi “près de 300 000 euros” en sept ans pour sa Maison médicale : près de la moitié de la patientèle provenant des communes de l’agglomération, Carcassonne Agglo s’est également engagée pour la MMG, l’ARS (principal financeur) et la CPAM faisant aussi partie de ses partenaires.

Aujourd’hui, la fréquentation de la Maison médicale atteint toutefois un seuil critique, ses consultations ayant doublé entre janvier et décembre 2021 (de 764 à 1 524). La bonne nouvelle, c’est que le comportement des patients a clairement changé, désengorgeant d’autant les urgences ; la contrepartie se traduit à présent par une situation financière de plus en plus tendue pour la Maison médicale : une réunion s’est tenue en mairie ce lundi 19 septembre, en présence des médecins et des principaux partenaires. “Nous faisons ensemble des points réguliers, notamment lorsque les médecins en expriment la demande : ils exposent leur situation, et nous cherchons des solutions à leurs problèmes”. Car si la survie de la Maison médicale apparaît incontournable, elle nécessitera plus que jamais la mobilisation de tous les acteurs qui lui ont permis de perdurer jusque-là.

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