Camp de migrants place de l’Etoile à Strasbourg : pour cette raison, la ville entend poursuivre l’Etat en justice

A Strasbourg, le camp de réfugiés de la place de l’Etoile devrait être évacué dans les 24 heures, lundi 5 décembre ou mardi 6 décembre au plus tard. (©Camille Balzinger / Strasbourg Actualités)

Lundi 5 décembre, lors d’une conférence de presse, la ville de Strasbourg a annoncé son intention de poursuivre l’Etat en justice à propos du camp de migrants de la place de l’Etoile.

Cette annonce intervient quelques jours après que le tribunal administratif de Strasbourg, saisi par la préfecture, a ordonné à la mairie d’évacuer le camp*.

Mettre l’accent sur la responsabilité du gouvernement

Avec cette contre-attaque, la municipalité veut souligner la responsabilité de l’Etat pour le logement de ces personnes. Car, comme elle l’a souligné lors de sa conférence de presse, “la décision du tribunal ne parle pas de la relocalisation des personnes, qui est pourtant la question fondamentale”.

Plus de 50 sans-abri vivent sous des tentes sur la place de l’Etoile. L’évacuation devrait arriver dans les 24 heures.

“Le Camp de l’Etoile n’est que la pointe de l’iceberg”, souligne le maire. “On estime que 500 personnes sont dans les rues, dans des endroits moins visibles et moins connus”, poursuit-elle, tout en indiquant que la ville n’a pas les ressources humaines ou financières, ni les bâtiments nécessaires, pour faire plus.

“Je dois absolument garder ma tente, tout y est”

Au camp, Toni, 44 ans, a été informé par les services de la ville que l’évacuation était imminente. “Mais que dois-je faire ?”, regrette-t-il. Ce père de famille originaire d’Albanie ne sait pas où aller. Sans papiers, il craint de devoir retourner dans son pays avec ses trois enfants, scolarisés en France depuis deux ans. “Et ça ne marche pas, si je reviens on va tous avoir de gros problèmes”, explique-t-il.

Stanislas ignorait que le camp serait démantelé. “Je suis ici depuis le 14 novembre et j’ai rendez-vous demain à la préfecture pour demander l’asile”, précise-t-il. Il explique qu’il fuit la Russie et craint que l’évacuation n’ait lieu en son absence. “Je dois absolument garder ma tente, tout est là-dedans”, poursuit-il, avant de demander s’il va du coup être logé dans un vrai appartement.

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Evacuer oui, mais évacuer vers où ?

Lundi 5 décembre, les services de la ville ont tenté d’informer les sans-abri de l’évacuation imminente : “Nous leur avons expliqué le verdict et l’évacuation, mais le reste n’est pas de notre ressort”, précise Floriane Varieras, adjointe Solidarité. En effet, les abris d’urgence relèvent de la compétence exclusive de l’Etat, ce qui signifie que dans le Bas-Rhin, ils sont mis en place par la préfecture.

Par exemple, lors des précédentes évacuations, les sans-abri étaient hébergés dans un gymnase avant d’être « triés » par les services de l’État en fonction de leur situation administrative.

“Nous avons demandé à l’Etat des garanties que les normes des gens resteront les mêmes, nous attendons leur réponse”, poursuit le député. Certaines personnes sont suivies par les travailleurs sociaux de la ville et plusieurs enfants sont élevés, comme celui de Toni.

Contacté par Actualités strasbourgeoisesLa Préfecture du Bas-Rhin n’a pas encore répondu à notre demande d’informations complémentaires.

*Le jugement du Tribunal Administratif de Strasbourg contraint la Mairie à demander l’aide de la Préfecture pour l’évacuation du camp. Ce qu’elle a fait le dimanche 4 décembre pour une évacuation prévue le lundi 5 décembre au plus tard le mardi 6 décembre.

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