Babylon : le film qui méritait mieux

Depuis mercredi dernier, Babylon est à découvrir dans les salles obscures. Le tout nouveau film de Damien Chazelle, le réalisateur de La La Land, a gagné notre cœur. Véritable déclaration d’amour et critique cinglante de Hollywood, ce long métrage laisse difficilement indifférent.

Les spectateurs français semblent du même avis. Dans nos salles de cinéma, Babylon a réussi à réunir 433 000 personnes pour son premier week-end et quelque 3,4 millions de dollars. Si Damien Chazelle ne réitère pas la prouesse de La La Land en 2016, Babylon fait pourtant mieux que son précédent projet, First Man.

Malgré tout, Babylon a essuyé un échec cuisant aux États-Unis et s’offre un démarrage à l’international remarquable, mais loin d’être à la hauteur de ce qu’il mérite. Alors comment expliquer ce bide non justifié ?

Babylon : les freins du succès

Pour commencer, Babylon souffre d’un mauvais timing. Sorti le 23 décembre aux États-Unis, le long métrage pâtit d’une période peu propice aux sorties cinéma. Aux alentours de Noël et du Nouvel An, nous sommes généralement peu enclins à nous offrir une séance tranquillement. Repas de familles et derniers préparatifs obligent…

Aussi, le nouveau film de Damien Chazelle est sorti dans l’ombre d’Avatar : La voie de l’eau, l’un des films les plus attendus de 2022, débarquant dans les salles de cinéma la semaine précédente. Cette ombre bleue continue de planer sur Babylon même pour sa sortie française, le 18 janvier dernier.

En effet, le nouvel opus d’Avatar explose tous les records dans les salles obscures et prend toute la lumière. Ne laissant que quelques miettes aux autres films diffusés en ce moment… Ainsi, après plus d’un mois d’exploitation, Avatar : La voie de l’eau culmine en tête du box-office. En France, tout de même, Babylon a réussi à s’installer à la deuxième place.

Contrairement à la plupart des films qui ont étaient en tête du box-office en 2022, comme Avatar 2, Top Gun : Maverick ou encore Jurassic World : Dominion, Babylon n’est pas une franchise. Par conséquent, le film n’est pas porté par un succès déjà bien établi. Mine de rien, cela est à prendre en compte.

Autre élément qui dessert Babylon ? Sa durée de 3 heures et neuf minutes. Non seulement cela peut refroidir plus d’un spectateur, surtout quand il n’est pas question d’un film d’action, mais en plus, cela réduit le nombre de séances possibles par jour. De quoi se tirer une balle dans le pied… Même si d’aucuns diront qu’ils peuvent rentabiliser le coût du ticket de cinéma avec une durée plus longue.

Enfin, Babylon est particulier. À mi-chemin entre Le Loup de Wall Street et Gatsby, le Magnifique, cette fable hollywoodienne des années 20 ne peut pas être considéré comme un film “grand public”. Il s’agit d’un plongeon dans les prémices de Hollywood, où tous les excès sont permis. Forcément, cela ne plaît pas à tout le monde. Le réalisateur a choisi d’oser et de sublimer le vulgaire. Pour le meilleur et pour le pire. Ainsi, Babylon divise. Et ce n’est pas Damien Chazelle qui va s’en plaindre.

Si on espérait que les Oscars offriraient un nouveau souffle bien mérité au long métrage, il y a peu de chance pour que cela arrive. En effet, la liste des nommés vient de tomber et Babylon n’a pas fait l’unanimité. Le film ne décroche que 3 nominations pour les statuettes dorées. Pour comparaison, La La Land avait décroché 6 Oscars avec un total de 14 nominations en 2017.

Mais rien n’est encore joué pour Babylon. Le film vient tout juste de débarquer dans nos salles obscures et il n’est pas encore sorti dans plusieurs autres pays, comme le Royaume-Uni ou encore le Japon. Comme chez nous, les spectateurs de ces pays sont plus friands des œuvres de Damien Chazelle que les Américains.

Si le long métrage a cumulé plus de spectateurs à l’international en quelques jours que cinq semaines d’exploitation aux États-Unis, il y a peut-être une lueur d’espoir. En tout cas, Paramount Pictures y croit et a l’ambition de voir sa pépite atteindre le million d’entrées.

Pourtant, Babylon mérite d’être sous les projecteurs. Déroutant, le film n’en est pas moins une merveille. Pour appuyer nos propos, on vous donne même cinq raisons d’aller le voir dès maintenant au cinéma. Entre une mise en scène spectaculaire, un jeu d’acteurs phénoménal, une bande-son étincelante, des décors et des costumes somptueux ainsi qu’un scénario intriguant, le dernier long métrage vaut le détour.