Avec son film-choc “Athena”, sur Netflix, Romain Gavras assume l’absence de toute notion de morale

Une cité en banlieue, une bavure policière, l’apocalypse. Dans son nouveau film, co-écrit avec Ladj Ly, le réalisateur reprend les codes de la tragédie, et pousse les curseurs dramatiques à l’extrême. Entretien.

Après avoir fait ses armes au sein de Kourtrajmé, un collectif devenu école audiovisuelle, aux côtés de Kim Chapiron, Toumani Sangaré et Ladj Ly, le réalisateur français Romain Gavras a développé son style percutant dans de nombreux clips, notamment pour Justice, DJ Mehdi, M.I.A., Jay-Z et Kanye West, ainsi que dans ses deux premiers films (Notre jour viendra, en 2010, et Le monde est à toi, en 2018). Si son nouveau long métrage est l’aboutissement naturel de son « obsession pour l’imaginaire urbain », rien ne laissait présager le choc visuel de cette tragédie immersive, récit apocalyptique d’une nuit d’affrontements dans la cité Athena — qui donne son titre au film —, enflammée par une bavure policière.

Autant le dire, le film a divisé la rédaction, ainsi que les festivaliers lors de sa récente présentation en compétition à la Mostra de Venise. À 41 ans, le fils de Costa-Gavras se revendique créateur d’images avant tout, metteur en scène d’une réalité passée au filtre de la tragédie grecque et de plusieurs genres cinématographiques, et assume l’absence de toute notion de morale.

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