AUKUS, futur accord de technologie militaire entre le Canada, la France et les Etats-Unis

Le Canada et la France devraient rejoindre l’accord technologique AUKUS avec les États-Unis, déclare un sénateur

 

Un sénateur républicain de haut rang a suggéré à Washington de conclure un accord de technologie militaire avec le Canada et la France pour renforcer les alliances avec les États-Unis et dissuader la Russie et la Chine.

Le sénateur James Risch, (R-Idaho) – membre éminent de la commission sénatoriale des affaires étrangères – a déclaré lors du Forum sur la sécurité internationale d’Halifax que le Canada et la France devraient faire partie d’un accord similaire à celui que les États-Unis ont établi avec le Royaume-Uni et l’Australie.

L’accord de partage de technologie entre les pays comprend l’aide du Royaume-Uni et des États-Unis pour aider l’Australie à construire et à exploiter ses premiers sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire.

« L’administration a eu une très, très bonne idée » en signant l’accord de partage de technologie entre l’Australie, le Royaume-Uni et les États-Unis [AUKUS], a déclaré J. Risch, mais il reprocherait à l’administration de ne pas consulter le Sénat avant d’aller de l’avant avec AUKUS. La sénatrice Jeanne Shaheen, (D-N.H.) faisant partie de la délégation bipartite au forum, a hoché la tête en signe d’accord.

En réponse à la question sur les préoccupations des Canadiens concernant le secret entourant l’accord, J. Risch a déclaré : “Si vous pensez que les Canadiens sont mécontents, vous devriez parler aux Français.”

J. Risch a évoqué l’annulation par l’Australie d’un contrat de plus de 66 milliards de dollars avec les Français pour construire des sous-marins à propulsion conventionnelle pour remplacer les bateaux d’attaque diesel vieillissants de la Royal Australian Navy de la classe Collins.

À la suite de l’annonce de l’accord AUKUS en septembre 2021, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré qu’Ottawa ne changerait pas la relation de sécurité et de renseignement du Canada avec les trois alliés par le biais du programme «Five Eyes[1]». La Nouvelle-Zélande fait également partie du groupe Five Eyes.

J. Risch a ajouté que l’accord AUKUS n’affecterait pas la capacité du Canada à défendre ses intérêts dans l’Indopacifique. Le Canada n’a pas officiellement manifesté son intérêt pour la construction et l’exploitation de sous-marins à propulsion nucléaire.

Mais comme d’autres alliés et partenaires, le Canada a été tenu dans l’ignorance au sujet de l’accord lui-même et de la portée de ses conditions.

J. Shaheen a déclaré lors du forum qu’AUKUS était “une autre opportunité pour nous d’engager nos partenaires dans l’Indopacifique”, mais a ajouté que les États-Unis continueraient d’explorer des accords de sécurité similaires avec d’autres alliés. Ni elle ni Risch n’ont déclaré que tout nouvel accord devrait inclure des sous-marins d’attaque à propulsion nucléaire.

Ce printemps, à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février, le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Australie ont annoncé qu’ils travailleraient plus étroitement sur le développement de moteurs d’armes hypersoniques, la guerre électronique et la cyber technologie.

Dans cette annonce et celle de l’automne, la Chine n’a jamais été mentionnée comme la raison sous-jacente de l’accord.

Depuis l’annonce d’une coopération plus étroite sur les technologies de pointe au printemps, la pression s’est accrue au Canada pour un accord similaire avec des alliés proches. Le gouvernement Trudeau entreprend un nouvel examen de la défense à la lumière de l’attaque non provoquée de la Russie contre l’Ukraine et des ambitions mondiales croissantes de la Chine.

Le représentant Michael McCaul, (R-Texas), qui devrait présider la commission des affaires étrangères de la Chambre au nouveau Congrès, a déclaré : “Je pense que les Five Eyes sont un bon modèle” pour un partage de technologie élargi entre alliés comme le Canada, la France, Japon et République de Corée. Lors d’une session ultérieure du forum, il a ajouté que la technologie était la manière dont les États-Unis gagneraient dans la concurrence avec la Chine. Il a mis l’accent sur l’intelligence artificielle, les télécommunications 5G et la production de semi-conducteurs.

Lors de la conférence de presse, la représentante Sara Jacobs (D-Calif.) a déclaré aux Canadiens présents « soyez assurés que tout le monde sait que notre partenariat et ce sur quoi nous travaillons ensemble en termes de base industrielle de défense commune est bien connu des partenaires et alliés et est également reconnu par nous aux États-Unis ».

 

John Grady, ancien rédacteur en chef du Navy Times, a pris sa retraite en tant que directeur des communications de l’Association of the United States Army. Ses reportages sur la défense nationale et la sécurité nationale ont été publiés sur Breaking Defense, GovExec.com, NextGov.com, DefenseOne.com, Government Executive et USNI News.

 

[1] Five Eyes (littéralement « Cinq yeux », traduit comme Groupe des cinq par la Défense canadienne), abrégé FVEY pour la classification, désigne l’alliance des services de renseignement de l’Australie, du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Royaume-Uni et des États-Unis.

Ces pays sont reliés entre eux par l’accord UKUSA, un traité qui prévoit la coopération entre les différents services assurant la collecte de renseignements électromagnétiques.

 

John GRADY
Chroniqueur sur USNI News
Defence News
22 novembre 2022

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