atuvu.ca

Entrevue avec D.Kimm, fondatrice et directrice artistique du festival Phénomena 

 

Avec le retour du festival Phénomena à Montréal, du 2 au 21 octobre 2022, les premiers jours d’automne s’annoncent plus qu’extravagants ! Dans un entretien exclusif avec la rédaction, D.Kimm nous fait part de ses réflexions et choix artistiques pour une programmation autant interdisciplinaire  qu’indisciplinée. 

Fondatrice et directrice artistique de Phénomena, D.Kimm est, elle-même, artiste interdisciplinaire au sein de sa propre compagnie Les Filles Électriques. Elle entrecroise création et diffusion dans un double mandat qui lui permet de faire des projets artistiques tout en offrant une tribune aux artistes émergents. 

En collaboration avec Claudia Chan Tak, artiste et commissaire à la diversité, D.Kimm élabore un espace inclusif pour les artistes dits de la diversité, qu’elle soit raciale, de genre, corporelle ou encore de personnes en situation de handicap (qui représentent plus de la moitié de la programmation). Ce qui explique l’ampleur de cette 11e édition !

 

« Le talent de Phénomena est de représenter des artistes atypiques que tu ne pourrais pas voir autrement. »

 

Photo: Caroline Hayeur

Ouverture du bal avec La Parade Phénoménale 

Dimanche 2 octobre 2022 à 14h

 

« La parade ? C’est l’heure de gloire de l’imagination des citoyens. »

 

L’inclusion ne se limite pas qu’aux artistes ! L’événement se veut rassembleur et appelle le public à, lui-aussi, venir s’exprimer lors de La Parade Phénoménale. Pour D.Kimm c’est l’occasion pour tout un chacun de venir créer ensemble et de (re)devenir extravagant. 

Au côté de la fée urbaine Patsy Van Roost, de la Fanfare Pourpour et de plusieurs autres artistes, les citoyens et citoyennes sont ainsi invités à se costumer selon les thématiques des six cortèges : Oiseaux, Fleurs, Esprit de la forêt, Fonds marins, Musée ambulant ou encore Extravaganza !

 

« La parade est un appel à la fantaisie, à la connectivité, au « nous » actif pour contrer un certain immobilisme qui s’est emparé de nous depuis la pandémie. »

 

Photo: Caroline Hayeur

Phénomena signe le retour des cabarets ! 

L’interdisciplinarité est le fer de lance du festival qui s’empare du format « cabaret » pour rassembler artistes émergents et personnalités plus expérimentées. 

 

« Avec le cabaret, il y a un contact avec le public, il n’y a pas de quatrième mur… ce qui laisse une place à l’accident ! » 

 

La saison des cabarets s’ouvre ainsi les 15 et 16 octobre avec le célèbre Cabaret DADA qui sera animé par l’incontournable des cabarets montréalais, l’artiste Alexis O’Hara. Héritière du mouvement artistique DADA, la soirée s’annonce irrévérencieuse et extravagante. 

Avec l’arrivée inédite du Cabaret féministe pas gentil du tout, on comprend que « sortir de l’ordinaire » est le véritable mot d’ordre du festival ! Le lundi 17 octobre, D.Kimm rassemble ainsi 10 femmes extraordinaires pour qu’elles fassent entendre leur voix comme elles l’entendent. Le Cabaret Dalida sans Dalida, quant à lui, rend hommage à une icône qui s’est fait entendre et connaitre pour sa vie tragique et glamour. Le 20 octobre 2020, la drag queen Bijuriya animera cette soirée musicale où les voix des artistes s’élèveront et résonneront en échos à la voix manquante de Dalida. 

 

 

Diversité et variété au programme 

 

« L’interdisciplinarité c’est un processus : ça fait qu’il n’y a pas de hiérarchie, les choses se contaminent, font dévier le projet vers autre chose. »

 

Outre ses nombreux cabarets, Phénomena c’est aussi deux jours de spectacles performatifs au Rialto, une soirée de « Combat contre la langue de bois », des expositions et des spectacles en partenariat avec le cinémathèque de Montréal et le théâtre de La Chapelle.

Une Battle Waacking organisée par Axelle Munezero clôturera le festival. Si le Voguing s’inspire des poses du magazine VOGUE, le Waacking, lui, prend ses marques dans les attitudes de diva des actrices hollywoodiennes des années 1920. Sous forme de compétition, on (re)découvrira un style de danse, qui, par son aspect éphémère, rend précieux l’instant présent investi aussi bien par les artistes que par les spectateurs. 

 

 

À la fin de l’entrevue, D.Kimm nous fait part de sa crainte d’une bureaucratisation et d’un embourgeoisement de l’art qui déteindraient petit à petit sur le processus créatif. Avec Phénomena, elle propose un espace expérimental généreux qui questionne le sens que l’on donne de nos jours aux enjeux de diversité et d’inclusion. Démocratiser l’art se présente d’ailleurs comme l’un de ses objectifs principaux avec des spectacles aux tarifs abordables. 

D.Kimm souhaite faire sortir de leur carcan aussi bien les artistes que les spectateurs et spectatrices. Pour finir sur ses mots  : « Sortez de chez vous, laissez Netflix, ne vous contentez pas du contenu en ligne, sortez et venez voir d’autres mondes ! »

Pour en savoir plus sur la programmation du festival et accéder à la billetterie, rendez-vous sur le site de Phénomena !  

x