Accusé d’agression sexuelle dans un bar de Sète, l’ancien acteur de “Demain nous appartient” a été relaxé

Une étudiante de 20 ans avait déposé plainte pour agression sexuelle contre l’acteur après une soirée dans un bar de Sète en août 2020. Ce mercredi 23 novembre, Atmen Kélif a été relaxé par la justice.

Atmen Kélif, âgé aujourd’hui de 54 ans, ancien acteur de la série de TF1 Demain nous appartient, toujours tournée à Sète, a été jugé ce 23 novembre devant le tribunal judiciaire de Montpellier pour agression sexuelle à l’encontre d’une étudiante en psychologie âgée de 20 ans. Ce sont deux versions aux antipodes sur ce qui a pu se passer dans la soirée du 18 août dans un bar de Sète puis dans une chambre d’hôtel où séjournaient plusieurs acteurs de la série, qui ont été livrées au tribunal. 

Lors de cette soirée, des acteurs de la série se retrouvent dans ce bar où ils ont leurs habitudes. Atmen Kélif est présent avec ses “collègues” dont l’actrice qui joue sa fille dans la fiction, et avec les amies de cette dernière, dont la plaignante. Selon Atmen Kélif ” une conversation amicale” s’est engagée alors que l’étudiante commandait un verre au bar, “elle m’a parlé de ses études, j’ai senti une écoute”, raconte le mis en cause.

Puis il dit l’avoir recroisée fortuitement dans le couloir à la sortie des toilettes du bar. “Je ne l’ai pas du tout suivie”, répond-il à l’avocate de la plaignante Me Valérie Soulié. Il décrit de son point de vue “un moment magique”. Et s’est autorisé à lui caresser la joue et à “tenter un smack léger”, “un baiser volé” dira-t-il en garde à vue. “Comme dans la chanson de Trenet”, mais “j’ai senti un embarrassement, le charme n’a pas opéré”. Il s’est ensuite excusé, pensant visiblement que tout cela serait vite oublié.

“État de choc”

“Vous vous êtes demandé si elle était d’accord?”, l’interroge Me Soulié. “Cela rentre dans le cadre d’une séduction, ce n’était pas du tout un piège comme ça a été dit”, se défend le prévenu. “Elle ne décrit pas la même chose, c’était un peu plus brut de décoffrage”, relève le président Frédéric Almendros.

À la barre, la partie civile est saisie d’émotion : “On n’a pas parlé au bar, il m’a fait des compliments déplacés, j’étais embarrassée”. À la sortie des toilettes “j’étais surprise de le voir devant moi, je n’ai pas compris ce qui se passait, il voulait me faire un câlin, il m’a prise et coincée contre le mur, il m’a embrassée en essayant de mettre la langue, j’étais tétanisée”.

L’acteur l’aurait serrée longuement au point de sentir son sexe. Elle dit avoir “fui”. “J’étais dans un autre monde, je n’arrivais plus à prendre de décision”. Après les excuses de l’acteur, “en pleurs”, elle a suivi ses amies pour un “after” dans la chambre d’hôtel avec Atmen Kelif et ses amis.

Le tribunal s’est interrogé : “pourquoi n’êtes-vous pas partie?”. “J’étais en état de choc”, répond-elle. “Ce sont des détails qui sont forts, vous n’avez pas parlé du fait qu’il vous avait prise et bloquée contre un mur dans votre audition”, pointe l’avocat de la défense, Me Jean-Baptiste Mousset, qui a également soulevé la fragilité psychologique de la partie civile ayant été hospitalisée en psychiatrie. Le président souhaitant en savoir plus a alors ordonné que le reste de l’audience se déroule à huis clos.   

“Vous n’avez pas eu l’intention de l’agresser sexuellement”

Le procureur de la République Jacques-Philippe Redon avait requis trois mois de prison ferme contre Atmen Kelif, le prévenu ayant déjà été condamné pour violences conjugales en 2019. Mais le tribunal a relaxé Atmen Kélif, indiquant que les juges “avaient cru la manière dont la partie civile avait vécu les choses, mais le prévenu n’avait pas eu l’intention de l’agresser sexuellement”. “Quand on a la parole de l’un contre celle de l’autre, il faut parfois s’extraire du débat public pour s’attacher à ce qui s’est passé dans un contexte particulier”, estime Me Mousset en défense. Le parquet peut faire appel de la décision. 

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