Abdelkrim Hasni, celui qui révolutionne l’apprentissage des sciences – Actualités – Université de Sherbrooke

Le professeur Abdelkrim Hasni.
Le professeur Abdelkrim Hasni.
Photo : Michel Caron UdeS

Si tout le milieu de l’éducation s’entend pour louer son apport scientifique colossal, c’est par-dessus tout son talent de rassembleur des communautés de recherche et d’enseignement autour de l’apprentissage des sciences qui fait du professeur Abdelkrim Hasni une personne si exceptionnelle.

Avec sa feuille de route impressionnante, pas étonnant qu’il se soit vu décerner le Prix Acfas Jeanne-Lapointe 2022 pour l’excellence et le rayonnement de ses travaux et de ses actions en sciences de l’éducation. Ses idées et son leadership sont si pertinents qu’en 20 ans de carrière à l’Université de Sherbrooke, il a non seulement obtenu des financements de recherche hors du commun, mais il est aussi devenu une ressource incontournable pour le milieu éducatif.

Arrivé du Maroc en 1996 pour poursuivre ses études doctorales à l’Université de Sherbrooke, Abdelkrim Hasni est professeur en didactique des sciences et de la technologie depuis 2002 à la Faculté d’éducation. Outre ses activités d’enseignement, il a dirigé comme chercheur principal 21 projets financés à plus de 4,4 M$, et contribué, à titre de cochercheur, à la réalisation de 25 projets dont le financement dépasse 3,5 M$. Il a été cotitulaire de la Chaire de recherche sur l’intérêt des jeunes à l’égard des sciences et de la technologie.

Intéresser les jeunes aux sciences et aux technologies

L’ancien enseignant de biologie au secondaire n’est jamais très loin des élèves. Ce qui lui tient à cœur, c’est la qualité de l’éducation scientifique.

C’est clair que ma formation en sciences (biologie et géologie) et mon expérience d’enseignement au secondaire étaient des éléments déterminants qui m’ont conduit à m’intéresser à la recherche dans le domaine pour mieux comprendre, entre autres, le rationnel des choix curriculaires, les processus d’enseignement et d’apprentissage et les conditions favorables à l’appropriation de ces champs de savoir par les personnes apprenantes.

C’est dans cet esprit que le professeur Hasni a tôt fait de se détacher de la didactique classique en accordant une place importante aux approches transversales.

Il a ainsi élaboré une thématique de recherche ouverte, interdisciplinaire et novatrice qui structure les travaux d’une importante communauté de recherche autour d’enjeux aussi fondamentaux que la compréhension de la nature des savoirs scientifiques, le développement de l’intérêt des élèves pour les ST, l’influence du genre, le passage au secondaire, l’effet positif des approches d’enseignement intégratives (approches par problème, interdisciplinarité scolaire, etc.).

Rassembler autour d’un but commun

Le professeur Abdelkrim Hasni produit de nombreuses publications et ressources qu'il rend disponibles au milieu scolaire.
Le professeur Abdelkrim Hasni produit de nombreuses publications et ressources qu’il rend disponibles au milieu scolaire.
Photo : Michel Caron UdeS

Le professeur Hasni a produit de nombreuses publications professionnelles et ressources qu’il a rendues accessibles gratuitement au milieu scolaire. Mais il a surtout transcendé l’approche traditionnelle de transfert de connaissances en développant des communautés de pratique, qui se réunissent annuellement et regroupent les acteurs et actrices de la recherche et des milieux scolaires. Au programme : partage de pratiques professionnelles, recherche de solutions et développement professionnel.

Inutile de dire que les impacts directs de cette approche dans les écoles sont nombreux et remarquables, tout comme les interactions continues qu’elle génère tant pour l’avancement de la recherche que pour celui de l’enseignement aux élèves.

Est-il satisfait quand il regarde l’école actuelle? « Au secondaire, on peut dire que la situation est bonne, surtout lorsqu’on considère les résultats de nos élèves à certains tests internationaux comme le test PISA. »

Il y a toujours de la place à l’amélioration, d’une part pour répondre aux besoins sociaux et, d’autre part, pour permettre à tous les apprenants d’acquérir une science citoyenne, c’est-à-dire être capable de prendre des décisions éclairées par les sciences.

Au primaire, la situation est moins satisfaisante selon lui : « Les élèves ont des acquisitions inégales, puisque le personnel enseignant n’a pas toujours une formation en sciences et parce que le curriculum n’accorde pas aux sciences l’importance souhaitée (les sciences sont souvent considérées comme une matière secondaire). »

Passé maître dans l’art de rassembler et de créer des partenariats, le professeur Hasni a regroupé autour de sa passion de nombreux chercheurs et chercheuses de l’UdeS et d’autres universités québécoises. Seulement deux ans après son entrée en fonction à l’UdeS, il s’est entouré d’une équipe de 22 chercheurs et chercheuses provenant de 6 facultés, d’un partenaire international (UMR-STEF, Paris) et de nombreux partenaires des milieux de l’éducation, dont le ministère de l’Éducation, 5 commissions scolaires et l’Association des professeurs de sciences du Québec.

Cette dernière démarche s’est soldée par la création du Centre de recherche sur l’enseignement et l’apprentissage des sciences (CREAS), une entité qui regroupe des chercheurs et chercheuses de plusieurs disciplines et pays, et dont la dynamique productive, inclusive et évolutive n’est plus à démontrer. Ce qui rend le principal intéressé très fier : « Je suis particulièrement fier d’avoir réuni, dès 2005, une équipe pour fonder le CREAS, alors qu’avant il n’y avait aucune équipe de recherche dans la discipline à l’Université de Sherbrooke et le champ était peu ou pas développé. »

Une influence sans frontière

Connu et reconnu au Québec par toute la communauté de recherche en éducation et celle de l’enseignement, le professeur Hasni s’est imposé comme le chercheur le plus productif de son domaine. Mais sa considérable contribution a également une résonance internationale. À preuve ses articles ont été publiés dans les plus prestigieuses revues en éducation, dont deux publications comptent parmi la courte liste des plus téléchargées de la revue Studies in Science Education.

Sa notoriété l’amène à agir aussi comme professeur invité au Mexique, au Maroc et en France ainsi qu’à titre de vice-président puis secrétaire générale de l’Association Mondiale des Sciences de l’Éducation.

Connu et reconnu, vous dites?…

Le Prix Acfas Jeanne-Lapointe a été créé en 2020 en l’honneur de Jeanne Lapointe, chercheuse en sciences humaines et membre de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec et principale rédactrice du Rapport Parent de cette commission. Ce prix est décerné à une chercheuse ou à un chercheur pour souligner l’excellence et le rayonnement de ses travaux et de ses actions dans le domaine des sciences de l’éducation.