à quel âge est-il mort et quelle maladie l’a emporté ?

Bourvil : à quel âge est-il mort et quelle maladie l'a emporté ?
BOURVIL. Véritable figure de la comédie à la française, André Robert Raimbourg alias Bourvil était une authentique star du cinéma français lorsqu’il a été emporté par la maladie. Retour sur la fin de sa vie.

[Mis à jour le 23 septembre 2022 à 20h30] Bourvil, pourtant immense star de la comédie française au cinéma, se refusait toujours à évoquer ses problèmes personnels. C’est ainsi que, pendant de longs mois, il a caché au public qu’il était malade. C’est en effet en 1969 qu’André Robert Raimbourg – plus connu sous son nom de scène Bourvil – reçoit un diagnostic médical terrifiant : il est atteint d’un cancer de la moelle osseuse. Déjà malade avant le diagnostic, Bourvil a souffert pendant trois ans sans jamais en parler publiquement. La douleur, intense, va jusqu’à lui paralyser la langue mais Bourvil ne souhaite pas se laisse abattre et, surtout, il ne veut pas arrêter de travailler. Il décide alors de s’entraîner sans relâche pour retrouver une élocution aussi parfaite que possible. Jamais pessimiste quant à sa situation médicale, Bourvil accepte de nombreux projets, dont La Folie des grandeurs de Gérard Oury avec Louis de Funès, qu’il ne pourra malheureusement jamais honoré. A l’été 1970, le comédien tourne dans ce qui sera son dernier long-métrage : Le Mur de l’Atlantique. Il s’éteint en septembre 1970. Il n’avait que 53 ans.

Biographie courte de Bourvil – Bourvil, de son vrai nom André Robert Raimbourg, est né le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare en Seine-Maritime. Il passe son enfance dans le village de Bourville et, comme son cousin Lucien Raimbourg exerce déjà le métier d’acteur, il prend ce nom comme nom de scène pour éviter la confusion. Après un apprentissage de boulanger, il décide de partir à Paris pour tenter sa chance comme chanteur, surtout dans des radio-crochets au début. Il devient connu grâce à sa chanson “Les Crayons” qu’il interprète dans le film La Ferme du pendu (1945) de Jean Dréville. Son jeu comique et ses rôles de grands naïfs le font adorer des Français, surtout dans les films où il donne la réplique à Louis de Funès.

Ces films sont tous devenus de grands classiques : La Traversée de Paris (1956), Le Corniaud (1964) et La Grande Vadrouille (1966) de Gérard Oury. Il joue aussi aux côtés de Jean Marais dans deux films en costumes : Le Bossu (1959) et Le Capitan (1960). On le retrouve avec Fernandel dans l’excellente comédie La Cuisine au beurre (1963) où il campe un chef cuisinier parisien obligé de travailler avec un cuisinier méridional ayant des habitudes très différentes. Mais Bourvil n’accepte pas que les rôles comiques. Il incarne notamment un abject manipulateur face à Michèle Morgan dans Le Miroir à deux faces (1958). On le redécouvre en 1969 dans L’Arbre de Noël où il vient en aide à un enfant atteint de leucémie qui aime les loups. Après le tournage du film Le Cercle rouge (1970) avec Yves Montand et Alain Delon, il termine le film Le Mur de l’Atlantique (1970) de Marcel Camus. Ces deux films sortent en salles quelques semaines après sa mort survenue à 53 ans, le 23 septembre 1970 à Paris.

On connaît évidemment le Bourvil comédien mais il était tout autant acteur que chanteur. Et c’est avec l’humour qui le caractérisait qu’il poussait la chansonnette, tout aussi apprécié derrière un micro que devant la caméra. De son répertoire, on aura du mal à oublier “Salade de fruits” ou bien encore “La Tendresse” que nous vous proposons de réécouter dans les vidéos ci-dessous.

Bourvil rencontre Jeanne Lefrique en 1936 lors d’un bal organisé au village de Fontaine-le-Dun en Normandie. Le couple se marie le 23 janvier 1943. Née en 1918, Jeanne, l’épouse de Bourvil est décédée en 1985, quinze ans après le comédien dans un accident de voiture alors qu’elle partait se recueillir sur la tombe de son mari. Elle avait 67 ans.

De son union avec Jeanne Lefrique, Bourvil a eu deux enfants, deux fils nés dans les années 1950 et qui ont fait la fierté de leurs parents. Né en 1950, Dominique Raimbourg – du nom de son père – est devenu avocat mais aussi député. Son frère cadet, Philippe Raimbourg, est né en 1953 et a fait carrière en tant que professeur de finance. Il a notamment enseigné à l’université de Paris 1 Panthéon Sorbonne.

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