À Ottawa, une sélection internationale de films d’animation haute en couleurs

Producteur au studio d’animation français de l’Office national du film (ONF), Marc Bertrand se réjouit de ce retour de l’OIAF, l’un des plus vieux festivals d’animation au monde, premier à s’établir sur le circuit de l’animation, et […] plus important en Amérique du nord, rappelle-t-il. Habitué du festival, Marc Bertrand fait partie cette année des membres du jury de la compétition long-métrage.

Ce qui est extraordinaire avec le Festival international d’animation d’Ottawa, c’est qu’il y a des cinéastes d’animation oscarisés, primés à Cannes ou Annecy, dont les nouveaux films sont présentés aux côtés de premiers films de certains artistes, poursuit Marc Bertrand, en rendant hommage à l’audace du directeur artistique de l’OIAF, Chris Robinson.

Dans la catégorie courts-métrages en compétition, Marc Bertrand cite ainsi la présence conjointe de deux films estampillés ONF : Le matelot volant, de Wendy Tilby et Amanda Forbis, duo de réalisatrices nommées à deux reprises pour un Oscar, et 100 miles de Louis Bodart, jeune talent de l’animation mis en lumière par le programme de formation Hothouse 13, offert par le Studio d’animation de Montréal.

Un menu varié

Courts ou longs, les films explorent différentes techniques d’animation, mises au service de sujets facétieux (La liste des choses qui existent 2, deuxième saison d’une websérie adaptée du livre signé Cathon et Iris, publié aux éditions La Pastèque), de thématiques vieilles comme le monde (la vie, la mort, l’amour, la famille, la guerre, la dictature), ou au contraire, pleinement ancrées dans l’ère du temps (la crise climatique, les migrants, la transexualité).

C’est sur le désir féminin, et notamment sur le plaisir solitaire, qu’a choisi de se pencher la réalisatrice de films d’animation Lori Malépart-Traversy, dont la série documentaire Caresses magiques, également portée par l’ONF, est en compétition dans la catégorie série animée.

Cinq épisodes d’environ quatre minutes évoquent avec franchise et un brin d’humour le sujet de la masturbation, sous un angle d’abord historique, dans le premier épisode intitulé La petite histoire d’un grand tabou, puis à travers un regard plus personnel, grâce à des témoignages puisés dans les livres de Sarah Gagnon-Piché et Sara Hébert et mis en scène grâce à la magie de l’animation.

Je voulais un ton assez positif sur la masturbation. J’ai gardé les histoires qui finissaient bien ou qui avaient quelque chose d’inspirant , explique Lori Malépart-Traversy. Si cette dernière estime que la masturbation féminine demeure taboue, la cinéaste fait valoir que les hommes pourront aussi se reconnaître dans certaines histoires [abordant] des thèmes assez universels, comme la masturbation dans l’enfance, la honte et les croyances liées à la religion .

En plus des projections de films en compétitions s’ajoutent des rencontres avec les réalisateurs, des panoramas du cinéma canadien et du cinéma mondial, une rétrospective de films de John Weldon, une exposition de réalité augmentée ainsi que des programmes spéciaux, incluant la projection du documentaire Theodore Ushev : liens invisibles, film coproduit par l’ONF qui dresse un portrait de ce cinéaste d’animation canadien d’adoption, lors de voyages dans son pays natal, la Bulgarie.

L’OIAF déploie ses rendez-vous jusqu’au 25 septembre dans divers endroits de la capitale, dont le Cinéma ByTowne, la Cour des arts, le Club SAW, la Galerie d’art d’Ottawa, le Centre national des arts, le Château Laurier et le parc Strathcona.

Avec des informations de Camille Bourdeau-Potvin

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