“2080 no(s) futur(s)” : le docufiction “effrayant” ou “inspirant” sur l’humanité tourné à Fabrègues

Un hangar du site Helios de Fabrègues (anciennement Schneider Electric) a accueilli ces dernières semaines le tournage d’un documentaire fiction “2080 no(s) futur(s)” pour Canal+Docs, qui devrait sortir à l’automne 2023. Une production Mad Films en coproduction avec Caméra Subjective. 

Nous sommes en 2080, dans une immense mégalopole. Une ville XXL bardée de technologie et de robots au service de l’humain pour un avenir prometteur ou quasi détruite par les guerres, le climat, selon les choix opérés à très court terme par l’humanité. C’est ce que propose la société de production montpelliéraine Mad Films en coproduction avec Caméra Subjective, pour Canal+Docs, une série documentaire en quatre épisodes “2080 (No)s Futur(s)” qui devrait sortir sur la chaîne cryptée à l’automne 2023.

Le site Hélios de Fabrègues (anciennement Schneider Electric et aujourd’hui occupé par la métropole) a été choisi pour tourner les séquences “réelles” du documentaire. Dans un des immenses hangars, 60 mètres de décors futuristes d’une rue ont été installés. D’autres scènes ont été tournées dans la région, comme les vestiaires du MHR pour la séquence d’un footballeur américain customisé. 

Des scenarii pour imaginer 2080

La rue comporte une entrée d’hôpital high-tech, une vitrine d’un mannequin bardé de prothèses, un distributeur de vélos, un bar à sushis et ses bras articulés, l’entrée d’un hyperloop (un train à très grande vitesse circulant dans un tube, NDLR). “Les comédiens jouent devant ces décors. La rue sera ensuite intégrée dans une mégalopole virtuelle qui sera créée en images de synthèse. On pourrait imaginer le Pic-Saint-Loup partie intégrante de cette mégalopole”, sourit Aïda Minet, directrice de production. La postproduction des effets visuels est assurée par Mad Films.

 

L’histoire a été écrite et réalisée par Pierre Lergenmüller et Sarah Carpentier. “Nous avons établi des scenarii pour imaginer le monde possible voire probable en 2080. Nous avons consulté dans le monde entier des spécialistes de nos thèmes retenus, des scientifiques . Même si c’est compliqué d’anticiper, cela reste une démarche journalistique, souligne Alexandre Amiel, l’éminent journaliste reporter, fondateur de Camera Subjective. Dans la narration, nous imaginons des choses souhaitables et d’autres moins. Dans le monde scientifique, les avis sont partagés”. “Nous voulons que le citoyen qui regardera se dise qu’il a le choix de subir ou d’influer sur le futur”, appuie Jean Mach, le patron de la société de production montpelliéraine Mad Films. En d’autres termes, un avenir apaisé ou apocalyptique.  

Nous pouvons réellement décrire le futur jusqu’à 50 à 60 ans

La série documentaire propose un mélange d’interviews de scientifiques, prospectivistes, de séquences fictionnés “cela va permettre de se projeter dans ce qui est narré”.  Le projet est doté d’un budget de 2,2 M€. Olivier Agogué, directeur des programmes Canal+Docs précise : “Cela peut paraître cher pour un documentaire mais avec 104 minutes d’effets visuels, on se débrouille bien”. Tout en précisant que la série est également destinée à l’export. 

 

Dans le hangar, le plateau est embué de fumée, une étrange sensation se dégage, à la “Blade Runner”. C’est la dernière journée de tournage. Jean Yann interprète Sake, un humain customisé, Marine est Jenna. Ils répètent encore et encore la scène du moment, l’équipe technique peaufine les angles. “Nous pouvons réellement décrire le monde jusqu’à 50 à 60 ans. Au-delà, cela deviendrait de la science-fiction”, justifient les producteurs. Ces derniers se mêlent au décor comme figurants. Peut-être pour mieux appréhender le monde de demain. “Silence plateau, s’il vous plaît !” C’est parti pour le futur. 

Quatre épisodes de 52 minutes chacun “2080 no(s) futur(s)” à découvrir

Comment se nourrira-t-on en 2080 ? Comment se soignera-t-on ? Comment se déplacera-t-on ? Comment se divertira-t-on ?  Quatre épisodes avec, à chaque fois, les possibles du meilleur… ou du pire. Pour se faire, la production a convoqué, entre autres, “les savants du Massachusetts Institute of Technology, l’inventeur hongkongais de l’œil artificiel, les pontes de Google, des danseuses étoiles, des chefs étoilés, des penseurs de l’énergie et des ingénieurs de l’impossible, des philosophes de l’homme augmenté, des rêveurs sans limite”. A découvrir à l’automne 2023 sur Canal+Docs et myCANAL. 

Du site de Fabrègues Helios à l’an 2080

En 2018, les derniers salariés de Schneider Electric quittent l’usine de Fabrègues. La firme française fabriquait ici des transformateurs électriques. En 2019, le lieu est laissé en l’état. C’est en 2021 que la métropole de Montpellier préempte la zone pour accueillir une partie des services techniques, le pôle territorial regroupant l’entretien des voiries, les espaces verts.

La superficie est immense, avec des parkings à perte de vue et en toile de fond, le massif de la Gardiole. Deux hangars géants et quelques bâtiments administratifs avec, plantées devant, plusieurs bornes de recharge de véhicules électriques de la collectivité viennent compléter le panorama. Mais la métropole a aussi dédié l’endroit aux Industries culturelles et créatives (ICC). Pour l’avenir, le site ne devrait changer de destination, selon la collectivité territoriale : “Il continuera à accueillir les services techniques et il profitera à la filière cinéma et audiovisuelle dont les besoins en lieu de tournage ne cessent de croître pour le développement économique de cette filière”, souligne-t-elle.

Une offre qui n’est pas passée inaperçue pour la société de production montpelliéraine MAD Films, fondée en 2010, dont les studios sont situés du côté d’Agropolis. MAD Films vient de finaliser la production de “Déclics”, une série documentaire de vulgarisation scientifique , prépare 2080 et le thriller aquatique Haute Pression (film long-métrage). La saison 4 de “Points de Repères” et la saison 2 de “Déclics” sont en cours de développement.