10 premiers “tiers-lieux” expérimentaux pour innover en santé | À la une

CHU de Toulouse, Institut Gustave-Roussy, CHRU de Brest… Voici quelques uns des 10 établissements de santé choisis par le gouvernement pour devenir des “tiers-lieux d’expérimentation”. Des espaces spécifiquement adaptés pour accueillir en avant-première des outils numériques en santé potentiellement en mesure d’améliorer le fonctionnement des services de santé et la prise en charge de patients, et pour aider les porteurs de ces “solutions” à se confronter à la réalité du terrain.

L’objectif est d’y conduire des études sur les besoins des usagers, de tester et évaluer l’usage de nouveaux services numériques en santé “dans la vie réelle” et ainsi de bénéficier d’un retour d’expérience immédiat de la part des utilisateurs, en termes d’ergonomie, d’acceptabilité, et tout simplement d’utilité. Mais il s’agit aussi de mesurer les bénéfices “médico-économiques” des solutions ainsi expérimentées et de bénéficier d’un accompagnement au déploiement et à l’accès au marché de leurs solutions testées et approuvées. Le tout en associant les différentes parties prenantes à la coconception des outils, qu’il s’agisse des professionnels de santé ou des usagers, d’entreprises ou de chercheurs. Chaque “tiers-lieu” lauréat va donc recevoir une enveloppe d’environ 1,5 million d’euros, à la fois pour financer l’animation du lieu et pour conduire concrètement les expérimentations d’outils numériques.

Suivi des patients à distance, coordination des soins…

Dans le détail, 23 expérimentations sont déjà dans les tuyaux pour être menées dans les 10 premiers tiers-lieux, dont certains préexistaient à l’appel à projets. Certains se spécialisent sur des thématiques comme l’obésité, la santé mentale, les pathologies cardiovasculaires et les neurosciences, quand d’autres visent beaucoup plus large. En Alsace, le pôle de compétitivité BioValley France entend par exemple donner corps à son réseau virtuel d’acteurs innovants (entreprises, centres de recherches, organismes de santé) en s’installant dans 4 lieux physiques pour y accueillir et former les usagers et professionnels de santé à l’utilisation de nouveaux outils numériques.

L’Institut Gustave-Roussy, à Villejuif, spécialisé en cancérologie, veut, lui, tester des outils de suivi des patients à haut risque, du diagnostic précoce au retour à domicile. Le groupement hospitalier universitaire de l’AP-HP à Paris-Saclay et l’hôpital Paul-Brousse espèrent quant à eux trouver des solutions destinées uniquement au bloc opératoire, pour y améliorer et sécuriser les soins en chirurgie et anesthésie, mais aussi mieux organiser les services. 

Simplifier les démarches administratives

Le gouvernement avait identifié, lors de la construction de sa stratégie nationale d’accélération en santé numérique, les difficultés et délais d’accès au marché des innovations numériques en santé. Du fait notamment du manque de terrains d’expérimentation, mais aussi d’une trop grande diversité d’acteurs vers lesquels se tourner pour obtenir des financements, et de l’empilement de procédures et démarches réglementaires, notamment pour prétendre à un remboursement par l’assurance maladie.

Cette mission de rationalisation et de simplification a ainsi été confiée à la toute nouvelle Agence d’innovation en santé. Annoncée par Emmanuel Macron en juin 2021, cette agence a été formellement lancée fin octobre et placée sous la direction de Lise Alter, ancienne directrice de l’évaluation et de l’accès à l’innovation de la Haute Autorité de santé (HAS).

L’agence, rattachée dans un premier au secrétariat général pour l’investissement, en charge du plan France 2030, s’appuiera sur des expertises existantes pour “monter rapidement en charge”. Et aider les innovateurs à trouver le bon interlocuteur dans le mille-feuille administratif, pour mettre leur produit plus rapidement sur le marché, et si nécessaire de manière anticipée et dérogatoire.

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